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journal de terrain de l’équipe

Chronique de la démarche

Suite à la journée de présentation de la ville d’Onex ainsi que des thèmes qui ont émergés du brainstorming, notre groupe s’est constitué par rapport à la thématique initiale, qui était le lien social sur Onex pour les personnes qui restaient à Onex la journée, mais d’une manière très globale. Nous désirions également faire ressortir les éventuelles interactions entre ces personnes.

Rapidement, nous avons dû recentrer notre thème et avons donc délimité le périmètre de notre étude, lui-même divisé en quatre secteurs.

Comme on peut le voir sur la carte susmentionnée, nous nous sommes réparti un secteur par personne, à savoir :

    • A : Lydie
    • B : Bénédicte
    • C : Charlotte
    • D : Déborah

Chacune avait pour mission de trouver un lieu extérieur ainsi qu’un lieu intérieur représentatifs de notre thématique, à savoir le lien social. A ce moment, nous avons aussi pris la décision de se focaliser sur le lien social informel, hors de toute structure officielle. Le premier outil que nous avons donc utilisé à été notre instinct auquel vient s’ajouter une observation active de l’environnement général de notre terrain d’enquête.

Jusqu’à la plénière du 10 novembre 2008, notre thème a subi plusieurs modifications en fonction de nos constats de terrain, de nos récoltes de données ainsi que des réunions avec Madame Blum et Monsieur Simonin. Durant cette période, nous avancions par tâtonnement, nous avions l’impression que pour un pas fait en avant, nous en faisions deux en arrière, sentiment renforcé par les échanges hebdomadaires avec nos professeurs.

Suite à cette plénière, nous avons recadré notre sujet en le limitant à deux lieux distincts, à savoir le Parc de la Mairie, lieu extérieur essentiellement fréquenté par les jeunes et à l’inverse, le tea-room "Les Fougères", lieu fermé fréquenté essentiellement par des personnes plus âgées (30 ans et plus).

Dès lors, nous avons pu nous concentrer pleinement sur les entretiens de nos populations-cibles. Cela nous aura demandé de reformuler nos canevas d’entretiens. A partir de ce moment, nous avons pu commencer à envisager la partie théorique de notre démarche.

Cela dit, dès le départ nous étions conscientes que notre immersion prendrait une place importante dans notre démarche. Cela a impliqué dès le départ que la définition de notre thème se resserrerait au fil de notre expérience sur le terrain. Nous pouvons aisément assimiler notre démarche à la théorie de l’entonnoir.

Jusqu’au mardi 2 décembre, nous avons récolté un maximum de données de terrain, pris des photos, croqués et enregistrés les ambiances particulières à cela. Nous nous sommes ensuite concentrées sur la partie rédactionnelle et l’élaboration du site internet.

Positionnement du groupe lors de l’immersion sur le terrain

  • Le Parc de la Mairie
    Le Parc de la Mairie
    Vue de là où se retrouvent les jeunes.

Concernant le Parc de la Mairie, nous avons d’emblée décidé d’y aller en binôme, afin de ne pas arriver en trop grand nombre et risquer de fermer les jeunes à toute discussion. En effet, nous avons pensé qu’il serait plus facile d’entrer en contact avec ces derniers en étant deux plutôt que quatre. Nous avons d’abord eu une phase d’observation, durant laquelle nous avons décidé de ne pas entrer en contact avec les jeunes présents. Notre idée était de nous faire progressivement repérer pour pouvoir entrer ensuite en discussion avec eux. Cette méthodologie nous permettait par la même occasion de faire un état des lieux.

Nous y allions à des heures et des jours différents afin de repérer leurs habitudes de fréquentation des lieux et pour ne pas toujours rencontrer les mêmes personnes lors de nos entretiens. Il est à relever ici qu’il nous a été difficile de rencontrer différents jeunes (Mais où sont les jeunes onésiens ?). Nous avons à plusieurs reprises rencontré les mêmes jeunes qui avaient déjà été interviewés à maintes reprises par d’autres groupes et nous sentions une certaine lassitude de leur part.

De ce fait, nous avons pris la décision de ne plus revenir au Parc de la Mairie, car nous ne voulions pas être trop intrusives (Toc toc toc, me voici me voilà…). Nous les avons remerciés pour leur participation et avons pris congé de ces personnes.

  • Le tea-room "Les Fougères"

Notre découverte de ce lieu s’est fait « par hasard » lors de notre premier jour à Onex, alors que nous cherchions un endroit où boire un café. Du fait de la proximité géographique et de la sympathie du patron nous y sommes revenues régulièrement pour y travailler. C’est petit à petit que nous nous sommes décidées à prendre ce lieu comme terrain d’observation. Cette méthode nous aura permis de nous faire reconnaître progressivement par les clients ainsi que par le patron et sa femme.

le Tea room "Les Fougères"

Un jour, nous avons été confrontées au refus catégorique d’une cliente (Comment ça "non" ?!). Dès lors, nous nous sommes remises en question. C’est à ce moment que nous avons pris conscience d’une certaine confusion entre notre terrain d’enquête et notre lieu de travail en groupe. Nous avons donc décidé de ne plus se réunir à cet endroit pour nos débriefings. Nous y allions dorénavant, à l’instar du Parc de la Mairie, par binôme uniquement afin d’y faire des entretiens.

A partir de décembre, étant donné que nous avions récolté suffisamment d’informations pour notre partie rédactionnelle, nous avons préparé notre façon de quitter ce terrain. C’est ainsi que le 2 décembre 2008, nous avons fait un débriefing avec le patron du tea-room sur l’impact de notre présence dans son établissement et l’avons chaleureusement remercié pour son accueil en lui offrant des chocolats.

Fonctionnement du groupe

Pendant les observations de terrain, nous avons visité Onex par groupe, sans se poser la question des affinités, puisque le but était uniquement de visiter la commune. C’est à ce moment que Bénédicte et Déborah ont échangé à propos de divers thèmes sur lesquels elles pourraient éventuellement travailler. Dès lors, la création du groupe s’est faite de manière très spontanée. Bénédicte connaissant Charlotte et ayant l’habitude de travailler avec elle et Déborah ayant l’habitude de travailler avec Lydie, le groupe s’est construit naturellement.

Dès le début, la répartition des tâches a été facile. Charlotte et Bénédicte se sont proposées de venir sur le terrain dès 9 heures, tandis que Lydie et Déborah resteraient jusqu’à 19 heures.

Tout au long de l’enquête, la collaboration a été agréable. La répartition du travail a toujours été équitable et bien gérée. Un temps a toujours été planifié afin d’organiser la semaine d’après, de se transmettre toutes les informations nécessaires et de faire le point sur notre fonctionnement et l’avancement de notre projet.

Quant à la partie rédactionnelle et théorique, les lectures ont été réparties au gré des envies de chacune, la communication a toujours bien fonctionné. Les points forts de notre groupe ont été le soutien mutuel, la bonne répartition des tâches ainsi que l’écoute et l’attention apportées à toutes nos difficultés rencontrées. Chacune de nous a toujours pu et su s’exprimer et dire les choses qui n’étaient pas ou plus claires.

De plus, afin de rédiger les parties communes sans que personne ne soit lésé, nous nous sommes réunies à plusieurs reprises les mardis.

En résumé, notre groupe a bien fonctionné et nous sommes ravies d’avoir pu vivre cette collaboration. Nous nous sommes découvert de grandes affinités et nous avons beaucoup ri malgré la charge de travail.

Choix méthodologique

Comme susmentionné, nous avons commencé par fonctionner par intuition, tâtonnement, puis nous avons appliqué la théorie de l’entonnoir. De ce fait, les méthodes de l’observation directe (parc de la Mairie) ainsi que l’observation participante (Les Fougères) nous ont semblé des plus appropriées.

En parallèle, nous avons mené plusieurs entretiens auprès des personnes ressources du terrain. Bien que pas nécessairement utilisés par la suite, ces entretiens nous ont permis de définir plus précisément notre thème, notre terrain ainsi que notre population d’enquête. Ces personnes nous ont aiguillées sur des pistes de recherche ainsi que sur des lieux dans lesquels nous pouvions aborder ces populations.

Cela a été décisif afin de fixer notre population cible exacte ainsi que pour pouvoir définir les lieux, et de ce fait, ne pas perdre de vue notre objectif.

Après cette période d’immersion dans le terrain et d’observation, nous avons décidé de commencer des entretiens auprès de nos populations cibles.

Pour ce faire, nous avons élaboré des canevas d’entretiens ouverts afin de pouvoir les moduler au fil de la discussion avec la personne concernée.

Simultanément, nous avons commencé à ébaucher nos thèmes d’articles de fond. Afin de nourrir nos réflexions, nous nous sommes documentées et appuyées sur les apports théoriques des divers intervenants du module ainsi que sur plusieurs livres.

Au final, ces lectures et ces apports nous ont mené à rédiger nos articles de fond, qui sont consultables sur ce site.

Critique de la démarche

Lors de notre démarche, nous avons rencontré plusieurs difficultés et avons été confrontées aux limites de notre démarche.

La première difficulté rencontrée lors de cette expérience a été la méconnaissance des lieux. En effet, il nous a été fastidieux de repérer rapidement les lieux de rencontres informels ; et lors des premiers temps, nous avons eu tendance à perdre de vue notre objectif qui n’était pas clairement défini non plus.

Nous n’avions pas clairement défini une méthodologie de démarche avant de commencer notre enquête, ce qui nous a fait stagner pendant un certain temps avant de trouver quels outils et quelles méthodes étaient nécessaires pour la réalisation de notre enquête.

Cela nous a également conduites à cette confusion entre lieu d’enquête et lieu de travail de groupe dans le tea room « les Fougères ».

En dernier lieu, le fait de devoir s’imprégner du terrain et de la longueur passée sur ce dernier nous a donné l’impression de ne pas avancer. Voir s’accumuler la charge de travail sans pouvoir influencer sur cette dernière ainsi que de s’approcher des échéances nous a causé beaucoup de stress. De surcroit, nous avions l’impression de n’avoir aucun pouvoir sur la possibilité de diminuer cette accumulation de travail.

Cependant, nous pouvons retenir divers points positifs qui ressortent de cette expérience.

Tout d’abord, le fait d’être une équipe pluridisciplinaire et venant d’horizons différents nous aura permis d’avoir des visions différentes et une multitude de suggestions intéressantes.

Notre mode de fonctionnement s’est déroulé de manière fluide et sans incidents notoires. Il nous a permis de construire efficacement et de manière productive toute notre démarche théorique.

L’intérêt de notre méthode était aussi de pouvoir être proche des gens, dans leur quotidien. Certes, une personne nous a trouvé trop intrusives, cependant, le travailleur social est amené à être intrusif dans son travail, il convient donc d’apprendre à gérer ce fait. Savoir gérer cette intrusion est une grande force.

Déborah Pagano, Lydie Morattel, Charlotte Ecuyer, Bénédicte Dubuis

 
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  1. journal de terrain de l’équipe
    16 décembre 2008