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Atelier son
Par Christophe Amos

Au début de ce module OASIS intitulé « La citoyenneté agressée : La place des jeunes dans la ville », chaque étudiant a dû choisir un atelier. J’ai alors hésité entre l’atelier web et l’atelier son, deux domaines que je ne connaissais pas. Après des conciliabules avec mes pairs dans le but de chercher à satisfaire autant que possible les souhaits de chacun, je me suis inscrit dans l’atelier son.

Tout d’abord, j’ai été étonné qu’un tel atelier figure au menu d’une démarche de recherche. Puis j’ai compris le sens de ce choix. En effet, la retranscription écrite d’une interview rapporte des propos, leurs sens et la manière d’employer verbalement une langue. Reste que d’autres éléments constitutifs de la parole sont difficilement restituables par l’écrit. Je pense par exemple à un accent, au rythme, aux silences, aux intonations ou encore au volume sonore d’une verbalisation. Ces informations permettent à un auditeur de se représenter notamment l’état émotionnel de la personne qui s’adresse à lui. L’avènement des SMS, des e-mails et des chats en tant que moyens de communication a d’ailleurs nécessité la création de « smart icons » (ces icones de petites rondes et jaunes qui sourient ou font la moue). Ils ont pour fonction de pallier aux quiproquos que peuvent générer l’écrit. Pour vous rendre compte de l’importance du son, essayez de couper les haut-parleurs de votre télévision lors d’une scène de film angoissante. L’émotion de peur qui vous gagnait disparaitra en même temps que le son. Ainsi, également dans un cadre d’enquête l’apport du son (ou d’images) complète les informations provenant de l’écrit.

L’atelier son m’a également permis de réaliser comment notre cerveau gère l’ouïe. Il sélectionne les informations qu’il reçoit par ce sens si bien que le plus souvent nous ne réalisons même plus l’univers sonore dans lequel nous nous trouvons. Une expérience m’a fait prendre conscience de cela. Alors que nous procédions à des essais techniques de prise de son, l’écoute professionnelle de l’enseignant de l’atelier s’est avérée bien plus performante que la mienne. Il percevait chaque bruit présent dans notre environnement et repérait instantanément la direction de leur provenance.

Nicolas
Nicolas compose et produit ses propres morceaux de rap. Il aimerait travailler plus tard dans un studio et faire DJ en parallèle.

Les apports de l’atelier ne se sont pas limités à des découvertes du fonctionnement corporel de l’être humain. Nous avons par exemple appris quelques notions liées aux enregistrements audio dans le but d’améliorer la qualité des prises de son des entretiens. Par exemple, veiller à ce que l’environnement ne comporte pas trop de bruits ou de résonance, utiliser son corps comme rempart à une source de bruit nuisible comme le vent, veiller à ne pas poser l’enregistreur sur une table car elle répercutera le son d’un verre que l’on pose dessus ou les tapotements inévitables que les interviewés font sur le plateau ou un pied de table pour calmer leur nervosité, ou encore éviter en tant qu’enquêteur de prendre la parole en même temps que la personne que l’on enregistre. Cependant, ces recommandations n’ont la plupart du temps pas pu être appliquées. En effet, ce qui primait était de rencontrer les jeunes d’Onex et de les interroger. Etant dans une position de demandeur vis-à-vis des jeunes, nous ne pouvions pas être trop exigeants par exemple quant à un lieu d’enregistrement adéquat. Lieu que nous n’avons par ailleurs jamais trouvé. C’était à nous, enquêteurs, de nous rendre disponibles. En outre, j’ai constaté que je ne parvenais pas à m’occuper à la fois de la qualité de l’enregistrement et de la conduite d’entretien qui nécessite écoute, réflexion et répartie à tout instant. Pour le constater, il suffit d’écouter le documentaire sonore « Ruptures scolaires : la galère ». En effet, dans ce montage de plus de 5 minutes, je prononce « ouais » plus de 50 fois ce qui porte préjudice à l’écoute.

La majorité des jeunes que nous avons interrogés lors des entretiens de groupe n’a pas semblé être intimidée par l’enregistrement. En début d’entretien, certains jetaient quelques coups d’œil à l’enregistreur. Seul le groupe des garçons du cycle des Grandes-Communes a eu besoin de plus de temps que les 2-3 minutes habituelles pour oublier l’enregistreur. Nous avons eu l’impression que la liberté d’expression n’a jamais été entravée par l’enregistrement. Du reste nous demandions aux jeunes avant les entretiens s’ils souhaitaient être anonymes.

Outre les techniques d’enregistrement, nous avons également appris celles liées au montage sonore sur un programme informatique spécifique. Je me suis rapidement familiarisé à cet outil. Nous nous sommes toutefois concentrés sur les fonctions les plus importantes de ce programme qui comporte des possibilités de travail du son relativement étendues et complexes. Nous sommes d’ailleurs passés parfois par des notions de physique, vues il y a bien longtemps sous d’autres auspices scolaires, afin de tenter de mieux comprendre l’univers du son et les fonctionnalités du programme.

Chaque participant de l’atelier a eu pour tâche de réaliser un montage sonore de 5 minutes en lien avec l’enquête ou son terrain. J’en ai conçu deux dans le but d’illustrer les articles de fond consacrés pour l’un aux visions qu’ont les jeunes de leur future famille et pour l’autre aux turbulences et enjeux de la formation et de l’insertion professionnelle. Deux illustrations qui ont le même objectif que les photos d’un article de magazine. Apporter des informations supplémentaires à celles écrites, en portant un regard forcément subjectif sur le thème traité. « Ruptures scolaires : la galère » est un documentaire audio dans lequel deux jeunes relatent leurs difficiles parcours de formation et d’insertion professionnelle. « Fonder une famille ?! » s’apparente à une sorte de clin d’œil humoristique. En raison du manque de temps, j’ai privilégié le sens de ces deux documentaires et mis quelque peu de côté la qualité technique des montages.

Le dernier point que je souhaite aborder est celui du bénéfice professionnel procuré par cet atelier. Les compétences acquises devraient me permettre d’élaborer une activité de montage sonore avec des jeunes. Par ailleurs, désormais un peu familiarisé avec l’univers du mixage, cela ouvrira de nouvelles possibilités de discussion avec les adolescents qui en sont férus. Vu mes connaissances relativement faibles, ils n’en seront que plus valorisés.

Christophe Amos
 
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