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Tournée des Avanchets avec Djamel

Le 03 novembre 2008

Par Marie

La tournée s’effectua avec Laetitia, Sarah et moi-même. Nous avions rendez-vous devant le local Carqueron à 17h, mais Djamel arriva avec du retard et assez remonté…

Un petit paysage des Avanchets

Il nous raconta qu’il était à une séance de TSHM à la Libellule. Il était très énervé par les propos dont ils avaient parlé dans cette séance. Il nous raconta ce que les personnes avaient dit et le manque de soutien qu’il avait ressenti durant cette séance. Il nous expliqua cela avec encore beaucoup d’émotions et n’hésita pas à parler fort et à injurier. Il avait besoin de nous raconter sa colère et son énervement face à la situation.

Un peu calmé, il nous conduit en direction du Centre commercial qui était animé par une dizaine de jeunes âgés entre 10 à 15 ans, jouant sur les escaliers du côté intérieur du centre commercial, en face de l’entrée principale. Il les salua tous.

En montant les escaliers, nous avons vu deux jeunes adultes, d’environ notre âge, installés sur un petit rebord en train de rouler un joint. En nous voyant arriver vers eux, un des deux partit vers la porte vitrée pour fumer son joint à l’extérieur. Djamel les accosta en les saluant d’une poignée de main et demanda à celui qui resta assis s’il avait vu un certain Monsieur X. Celui-ci lui répondit qu’il l’avait vu passer par là et qu’il ne devait pas être très loin. C’est alors que Djamel nous présenta comme des stagiaires qui l’accompagnaient en tournée pour voir comment cela se passait le soir aux Avanchets.

Nous restions un peu à l’écart, mais quand même assez proches de Djamel et du jeune adulte. Djamel lui dit de passer le voir s’il avait besoin d’aide pour trouver un travail. Le jeune lui répondit qu’il rentrait dans son « bled », au Soudan. Un peu étonné, Djamel lui demanda s’il rentrait pour de bon dans son pays. Le jeune répondit que c’était juste pour un mois. Nous avons parlé un peu de la situation que vit actuellement le Soudan. Il paraît que c’est assez critique la situation là-bas. Il répondit en disant qu’il aura une kalachnikov pour se défendre et mima les tirs. L’autre jeune adulte qui fumait son joint à l’extérieur nous regardait du coin de l’œil. Djamel les salua, ce que nous avons également fait et nous avons continué notre chemin vers le bistrot du centre commercial.

Une fois à l’intérieur, Djamel se dirigea vers le bar pour saluer un autre jeune adulte baraqué, à l’allure hip-hop, bandeau dans les cheveux, pantalon ample et grosses chaussures.

Nous avons traversé le bistrot et sommes sortis par une porte qui donne accès à la terrasse. Nous avons traversé une sorte de passerelle tout en discutant de son parcours professionnel, de son origine et de son arrivée sur Genève… Djamel paraissait très à l’aise avec nous car il nous confiait ses anecdotes, ses souvenirs, ses coups durs et son vécu.

Sans s’en rendre compte nous sommes arrivés sur le terrain des dealers. Il nous a montré l’endroit et nous a expliqué pourquoi cet endroit était si stratégique pour le trafic de drogues. Cet endroit est un peu caché par une petite colline et près de la route principale. Voie rapide de sortie au cas où… Nous avons continué à marcher et sommes passés vers un petit chemin sombre qui donnait sur une petite promenade entourée d’arbres, où des bancs sillonnaient le chemin boueux. On a remarqué des jeunes assis à fumer des clopes, à l’odeur. Nous les avons salués. Djamel nous a informés que ce sont de gentils jeunes étudiants. La fin de ce chemin nous amena presque en face du parking de Balexert. Nous avons traversé la route. Djamel, très protecteur, nous a dit de traverser après lui et de bien regarder car, à cet endroit, les voitures roulent vite.

Un bref point de vue de la cité

Nous avons fumé une cigarette avant d’entrer dans l’Eclipse. Dedans, nous avons vu une quinzaine de jeunes, jouant soit au baby-foot, au ping-pong ou discutant entre eux assis dans des sofas. Nous les avons tous salué d’une poignée de main, après le passage de Djamel. Il nous était important de saluer tout le monde. Djamel nous présenta une animatrice qui travaillait là depuis deux ans et un moniteur. Djamel parla de sa séance avec les TSHM à l’animatrice. Nous, nous étions au bar, regardions les jeux des jeunes et écoutions d’une oreille la conversation. Nous y sommes restés environ une petite demi-heure.

Notre tournée se continua en direction de Châtelaine. Nous allions en direction de Bricojeunes quand Djamel passa par un petit chemin qui donnait sur un petit parc. Djamel commença à regarder par terre en nous expliquant qu’il trouvait souvent des seringues. S’il ne les ramassait pas, personne ne le ferai. Cette petite place se situait juste à côté d’une école primaire. Nous avons toutes allumé notre portable afin de l’aider à chercher des seringues. Nous n’avons rien trouvé. Nous avons continué à marcher jusqu’à arriver vers un petit cabanon où des jeunes étaient assis près d’une table et roulaient un joint. Djamel les salua et demanda de ne rien laisser sur la table. Les jeunes acquiescèrent. Il nous amena derrière le cabanon et nous expliqua qu’il y avait repéré la planque d’un mec qui se shoote. Il venait chaque soir car ce type laissait toujours ses seringues sur place.

Quand nous sommes revenus vers les bancs, les deux jeunes n’étaient plus là. Pourtant, nous n’avions fait que quelques minutes. Ils ont dû avoir peur de notre présence.

Le dernier lieu de notre tournée se situait à Bricojeunes. C’était la première fois que je venais dans cet endroit. Cet endroit était rempli de jeunes qui se trouvaient soit à l’extérieur en train de discuter et de fumer, soit dans ce long couloir, soit dans la pièce de baby-foot. Un escalier montrait un étage, mais nous n’y sommes pas monter. Nous sommes allés dans la buvette. C’est à ce moment que nous avons fait la connaissance de Baba. Il nous a servi un café et nous avons discuté de notre venue et de notre but. Une première approche très sympathique, où Baba nous expliqua dans les grandes lignes le fonctionnement de la Buvette. Après environ trente minutes, nous avons salué et remercié tous le monde pour repartir accompagner Djamel.

Nous avons remercié Djamel de ce moment et de cette découverte, puis nous sommes repartis dans notre tram.

 
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