Accueil du siteRendez-vous à Onex : Où, quand, qui et pourquoi ? Et nous dans tout ça ?
Nos synthèses personnelles

Synthèse personnelle de Bénédicte

Au début de ce module, je me réjouissais réellement d’aborder la thématique de la citoyenneté agressée par le biais d’une enquête de terrain. Pouvoir être sur le terrain, directement au contact de la population, en cherchant à comprendre un bout de leur vie, cela me semblait passionnant !

C’est donc avec grand intérêt et la tête pleine de questions que j’ai effectué ma première journée d’observation sur Onex. J’ai trouvé d’ailleurs intéressant d’aborder le quartier par le regard d’un de ses habitants. Bien que ce regard soit subjectif, il permet toutefois de se faire une première impression sur l’ambiance du quartier et de repérer les lieux stratégiques.

Très rapidement, par cette observation et par les échanges avec les autres étudiants et nos guides de terrain, j’ai eu envie d’approfondir les thématiques touchant aux relations sociales et intergénérationnelles sur Onex. En effet, il me semblait qu’il y avait beaucoup d’activités pour les retraités, mais pas grand-chose pour le reste de la population. Cette impression était d’ailleurs partiellement confirmée par la présentation de monsieur Mercolli et les propos tenus par mon guide de terrain.

Lors du brainstorming initial et de la constitution des groupes, s’est donc naturellement que je me suis intégrée dans le groupe traitant des questions liées au lien social. J’avais d’ailleurs eu l’occasion de discuter avec Deborah auparavant et nous souhaitions travailler ensemble. Qui plus est, j’avais aussi l’habitude de travailler avec Charlotte, qui fréquente aussi la HEVS.

Initialement, nous voulions traiter du lien social informel d’une manière globale sur Onex, en fréquentant tous les lieux informels, tels que parcs, poste, cafés, centre commercial, coiffeurs… Mais plus nos observations avançaient, plus nous avons limité notre cadre d’enquête. Réduit tout d’abord à Cité-Nouvelle et Gros-Chêne, nous nous sommes finalement arrêtées sur le tea-room « Les Fougères » et le Parc de la Mairie.

Lors des premiers temps d’observation, nous avons du beaucoup remanier notre thème, le clarifier. J’étais bien consciente que notre thème demandait une approche large au début, pour être précisé petit à petit. Cependant, au fil des semaines, je commençais à ne plus trop savoir où nous allions. En effet, nous nous fixions sur une thématique, des objectifs, mais la semaine d’après, en discutant, nous prenions conscience d’autres aspects, d’autres orientations possibles de notre enquête. J’avais l’impression de sans cesse revenir en arrière. A la longue, cela a commencé à me démotiver progressivement.

Qui plus est, à cette même période, j’ai été confrontée au refus d’une dame d’entrer en relation, lors d’une de nos matinées passées au tea-room. Cet évènement m’a passablement remise en question et j’ai commencé à douter de beaucoup de choses : N’étions-nous pas trop intrusives dans ce tea-room ? N’aurais-je pas du entrer en matière autrement ? De quel droit venais-je dans ce tea-room enquêter ? Devions-nous continuer à y aller ou au contraire changer de terrain ?… Toutes ces questions étaient renforcées par le fait qu’il me semblait que depuis cet évènement notre contact avec le patron s’était tendu et que les clients nous regardaient froidement. Cela accentuait mon sentiment de malaise dans ce tea-room.

Tous ces paramètres m’auront fait vivre un « passage à vide » dans ce module. Durant quelques temps, je n’avais plus la motivation des débuts et cela me pesait d’aller sur le terrain mener ces enquêtes. Bien que je bénéficiais du soutien total de mon groupe, qui tentait de relativiser les choses, je n’arrivais pas à m’enlever cette impression de déranger les gens. J’étais même au bord de l’angoisse à l’idée de retourner au tea-room les mardis.

Avec le recul, et après discussion avec mes professeurs, je me suis rendue compte qu’il y avait des leçons à tirer de cette situation et progressivement j’ai repris confiance en moi. De plus, nous avions enfin clarifié le thème et les entretiens suivant s’étaient très bien passés. J’ai réussi à me réapproprier le thème et à clarifier mon rôle dans cette enquête. Pour couronner le tout, nous avons eu une discussion avec le patron du tea-room, lors de notre dernier jour sur le terrain. Nous avons ainsi pu revenir sur nos presque 3 mois passés chez lui et il en est ressorti beaucoup d’éléments positifs.

C’est à ce moment que nous nous sommes plongées dans l’analyse de nos données. J’ai ainsi pu constater que nous avions en fait beaucoup d’éléments sur lesquels nous appuyer et cela m’a passablement rassurée. C’est donc à nouveau très intéressée que je me suis attelée à la rédaction des différents documents demandés. Bien que la charge de travail me paraissait énorme vu le peu de temps qu’il nous restait, je savais maintenant exactement où j’allais et la rédaction s’est faite naturellement.

A l’heure de rédiger ce bilan, je constate que ce module m’aura permis d’évoluer sur de nombreux plans. Sur le plan professionnel particulièrement, il m’aura permis de développer des outils utiles lors d’enquêtes de terrain. J’ai ainsi pu améliorer ma technique d’entretien, en ayant pu mettre le doigt là où j’avais encore des difficultés. J’ai également pu affiner mon regard lors d’une observation sur un terrain. J’ai ainsi appris à poser un regard professionnel, distancié par rapport à l’objet de l’observation. Qui plus est, les éclairages théoriques du lundi matin auront nourris mes réflexions sur des thèmes comme la jeunesse, les dispositifs de politiques publiques ou encore l’intervention de terrain. Cela aura été un apport non négligeable pour moi, notamment pour mon travail de bachelor.

Les ateliers proposés auront été une découverte pour moi, particulièrement la photo, atelier que j’ai suivi. En effet, ils m’auront fait découvrir des outils d’informations et de médiations originaux, que je connaissais très mal. Ce module m’en aura montré la pertinence et l’importance pour le travailleur social de diversifier ses outils. Je mettrais toutefois un bémol quant à la manière dont se sont déroulés ces ateliers. Personnellement, il m’aurait été nécessaire d’avoir plus l’occasion de m’exercer à l’utilisation de la photo. En effet, novice en la matière, l’appareil photo jetable n’aura pas été simple d’emploi pour moi : ne pouvant voir le résultat, je n’ai pas pu rectifier à temps mes erreurs de cadrage et de luminosité. Cela se perçoit sur mes photos d’une qualité médiocre. Néanmoins, je suis soulagée d’avoir pu tout de même utiliser quelques photos, que je trouve intéressantes et qui reflètent, à mon avis, l’esprit de ma démarche.

En conclusion, ce module aura été un module difficile, mais ho combien formateur ! Alternant des moments de coups de blues et d’engouements, de profusion et de stagnation, il aura été riche en découvertes et en émotions.

Synthèse personnelle de Charlotte

J’ai choisi ce module pour découvrir le monde des adolescents, car lors de ma formation, nous n’avons que très peu abordé ce sujet.

Dans ce module, j’ai tout d’abord découvert une autre manière d’enseigner, qui m’a été très plaisante. Pouvoir faire un lien entre la théorie et un film m’a permis de mieux cerner les problématiques, mais il est vrai qu’il me manquait certaines fois des discussions autour de ces films. Chaque étudiant a sa propre interprétation. J’aurais trouvé intéressant de connaître celle des autres afin de pouvoir m’ouvrir à d’autres représentations et ainsi voir certains éléments que j’aurais manqués lors du visionnage. Ces journées de théorie et de pratique m’ont permise d’acquérir de nouvelles compétences qui me seront utiles par la suite et que je citerai ci-dessous.

Le programme du mardi m’intriguait. Je n’avais jamais effectué une enquête de terrain ni eu l’occasion de faire une interview. Je me suis très vite rendue compte de l’ampleur de ce module et des différentes difficultés que j’allais devoir affronter. Je suis de nature très réservée et timide, aller discuter vers des personnes que je ne connais pas m’est encore difficile. Mais cette expérience m’a permise d’aller au delà de mes craintes et d’acquérir de nouvelles aptitudes. Je suis consciente que j’ai encore du travail à faire, comme par exemple sur la manière de poser mes questions (être plus spontanée) ou de me positionner face aux autres.

Ce module m’a permis aussi de découvrir une autre vision du travail social. Il est vrai que j’ai vécu toutes mes expériences professionnelles au sein d’une institution fermée. J’ai côtoyé le monde des personnes en situations de handicap ainsi que celui des adolescents. Le module "citoyenneté" m’a ouverte à un monde que je connais, en tant que « buveuse de thé dans un bistrot », mais pas en tant que chercheuse. Notre thème se base sur l’interview de personnes « ordinaires ». Je me rends compte en écrivant ces quelques lignes que c’est peut-être une des raisons pour laquelle je me suis senti intrusive et mal à l’aise. Je me suis « identifiée » à ces personnes. Je n’ai pas réussi à prendre la distance adéquate entre ma « fonction de chercheuse » et celle que je suis en tant que personne. En quelques sortes, je me suis mise à leur place et me suis posée la question suivante : Comment me sentirais-je si quelqu’un venait m’interrompre lorsque je suis tranquillement assise dans un lieu public pour boire mon thé et lire mon magazine ?

Pour la prochaine fois, je vais devoir vraiment faire attention à cette « casquette » de professionnelle. C’est un apprentissage qui sera grandement utile pour la suite de ma carrière professionnelle.

Nous avons choisi un sujet qui me plaisait beaucoup. Cependant, un bon nombre de remédiations ont dû être apportées, ce qui m’a amené passablement de flou et de remises en question sur notre thème et le chemin à suivre. Cependant, à chaque fois, mon groupe et moi-même avons su rebondir, afin de reclarifier notre problématique, que ce soit par différentes discussions constructives ainsi que par toutes les informations récoltées par chacune de nous.

Nos mardis étaient fréquemment basés sur l’observation. J’ai donc appris à me focaliser sur les éléments essentiels. Cela a fait développer ma manière d’observer, ainsi que d’être critique sur les différents « évènements » qui pouvaient se produire sur un lieu.

Le fait d’avoir travaillé à quatre dans une atmosphère sympathique et tranquille, m’a permis de me sentir à l’aise et de m’ouvrir. Je trouve que les discussions étaient très vivantes et chacune de nous pouvait apporter des éléments intéressants ainsi que les défendre. Par exemple, différents éléments de l’observation ne m’ont pas particulièrement interpellée, mais par les échanges, j’ai pu agrandir ma vision. J’ai eu beaucoup de plaisir à travailler avec elles et cela a été très enrichissant. Nous avons su nous écouter, ainsi que nous soutenir dans les moments qui étaient plus difficiles.

Souvent, M. Simonin et Mme Blum nous ont posé la question suivante : « qu’est ce qu’un lieu informel ? » Pour nous, cette notion était claire, nous l’avions définie au sein de notre groupe. Cependant, nous lui avions donné un sens, sans savoir si celui-ci était exact. C’est pour cela que j’ai décidé de m’aventurer dans la théorie des espaces publics, afin d’y trouver une réponse concrète. Je ne me suis pas rendue compte de ce qui m’attendait. La géographie et l’urbanisme sont loin d’être mon point fort. Je ne trouve pas évident de mettre du sens dans quelque chose qui n’en a pas à la base pour moi, mais j’ai persévéré et j’espère pouvoir mettre à jour ce concept de manière explicite. En construisant cet article, je me suis aussi rendue compte de l’importance de comprendre les espaces publics pour un travailleur social (éducateur de rue, TSHM).

Je suis consciente de l’importance de la théorie au sein du travail social, mais j’ai souvent beaucoup de peine à la mettre en pratique. Lors de cette immersion dans le terrain, je ne me suis pas posée la question de la théorie, je me suis concentrée sur la pratique. Toutefois, au bout d’un moment, je sentais le besoin de fondements théoriques, comme je l’ai cité ci-dessus, afin de comprendre les enjeux de notre recherche et ainsi donner des réponses aux questions que l’on se pose. C’est la première fois que la théorie me manquait « autant » pour comprendre des éléments. Je vais dorénavant prendre plus de temps sur cette question, lors de mon prochain stage, pour provoquer une évolution dans mon travail.

Cette première « fonction de chercheuse » a été très enrichissante, même si quelques fois très complexe et difficile à mes yeux, mais j’en ressors avec d’innombrables apprentissages qui vont me permettre d’avancer dans mon travail. Ces acquisitions vont aussi m’aider pour l’enquête de terrain pour mon travail de bachelor. En effet, je vais devoir aussi interviewer des personnes que je ne connais pas et cette fois-ci je ferai très attention au rôle que je dervai endosser.

Synthèse personnelle de Deborah

Puisque la démarche de ce module était essentiellement un travail collectif, j’axerai cette synthèse sur la collaboration au sein de mon groupe. En effet, je pense que nous nous sommes, implicitement, donné les moyens d’avoir une collaboration saine et efficace. En revanche, je pense que nous n’avons pas su utiliser le suivi des enseignants ainsi que leurs ressources de manière adéquates. Avec du recul, il me semble que nous avions une excellente communication au sein de notre équipe, mais que nous n’arrivions pas à la transmettre à nos enseignants.

La première surprise de ce module a été de devoir former des groupes alors même que nous ne nous connaissions pas. Dès lors, j’estime avoir eu beaucoup de chance de travailler dans un groupe dans lequel nous n’avons eu aucun problème. Bien que nous en parlions déjà dans la partie collective, je tiens à souligner à quel point cette collaboration a été des plus agréable. J’ai eu l’impression que tout le monde pouvait exprimer son opinion en ayant toute l’écoute des autres. Pour ma part, je ne me suis jamais sentie brimée et j’ai toujours dit ce que j’avais à dire sans crainte aucune. Je pense que notre groupe a su s’organiser, rester à l’écoute et a su faire preuve de non jugement. C’est pour toutes ces raisons, selon moi, que nous sommes restées soudées du début à la fin.

En revanche, notre démarche n’a pas été si aisée ! Pour commencer, l’immersion a été un travail de longue haleine. Certaine fois, nous ne savions plus où cela allait nous mener. D’ailleurs, le fait que les enseignants ne nous comprenaient pas forcément était difficile. D’autant plus que j’avais l’impression qu’il n’y avait aucune reconnaissance par rapport à notre immersion « réussie », ce qui consistait une grosse partie de notre travail.

Par la suite, après avoir acquis un certain statut sur le terrain, tout du moins avec le patron du tea room, nous avons commencé nos entretiens. Une fois encore, peut-être n’avons-nous pas su exprimer nos problèmes rencontrés, puisque nous avons mélangé notre lieu d’enquête avec notre lieu de réunion. Je pense que nous n’avons pas su exprimer nos difficultés parce que, selon ma perception du suivi des enseignants, c’est bel et bien pour ce genre de problèmes que le suivi aurait dû nous aider à surmonter.

Bien entendu, cela n’a pas été une catastrophe insurmontable ! Les premières qui ont compris ce disfonctionnement l’ont dit et nous avons décidé de changer d’endroit afin de pouvoir faire nos réunions sans malaise.

Notre plus gros souci, selon moi, était indépendant de toute bonne volonté : le temps. Il n’est pas aisé de faire une enquête sur les lieux informels sachant que les jeunes, lorsqu’ils veulent se retrouver entre eux, se voient essentiellement en extérieur. Le fait qu’il pleuve ou qu’il fasse froid ne nous a pas aidé à entrer en contact. Nous n’avions pas l’excuse d’aller se délasser dans un beau parc, dès lors, l’intrusion dans leur « environnement » était directe et frontale.

Pour ma part, cela ne me posait aucun problème, cependant, je sais que certaines de mes collègues n’étaient pas à l’aise avec cette intrusion.

Nous avons fonctionné en duo. L’aspect très pratique était que nous faisions moins peur que si nous arrivions à quatre pour un entretien ! L’aspect sympathique a été le fait que ces duos n’étaient pas fixes. Nous avons donc pu faire plus ample connaissance avec nos collègues, ce qui, je pense a favorisé notre dynamique de groupe. L’aspect plus périlleux aurait été que la communication se fasse mal entre ces binômes, ce qui n’a pas été le cas.

Au fur et à mesure que nous tâtonnions ce terrain, nous parlions également de nos ateliers respectifs, ce qui nous a permis d’avoir un fil rouge dès le départ. Ainsi que se soit pour les photos, les croquis ou le son, nous savions que nous devions nous fixer sur des ambiances.

Cette manière de faire a également permise d’avoir une excellente communication au sein de notre équipe.

Pour illustrer un autre point qui a favorisé la communication, je mentionnerais les lectures ainsi que nos PV. En effet, dès le début de l’investigation, à chacune de nos discussions, une personne prenait des notes de tout ce qui se disait, le dactylographiait et l’envoyait ensuite à chacune d’entre nous. D’ailleurs, lors de notre première réunion, nous nous sommes échangées nos adresses e-mail. Ce qui nous permettait de ne pas perdre le fil et de se souvenir de tout ce qui était dit.

Lorsque nous avons commencé nos lectures, nous avons toutes emprunté des livres selon nos thématiques. Cependant, à chaque lecture, nous informions les autres, d’une part comment la problématique était traitée dans l’ouvrage, mais également des passages qui pourraient être intéressant pour l’un ou l’autre des articles de fond.

En parallèle à la rédaction de nos articles de fonds, nous avons commencé la partie collective. Dans cette dernière, nos PV nous ont été d’une grande aide. En effet, ils nous ont permis de mentionner des dates exactes ainsi que de retracer tout notre raisonnement pour trouver notre thème de base.

Cette partie nous a permis d’avoir une réflexion sur tout notre travail et de prendre du recul sur une enquête qui est passée plus que vite. Nous avons décidé de prendre le temps de discuter de ce qui nous avait plu, de nos ressentis ainsi que de nos satisfactions. J’ai l’impression que généralement, les gens ne prennent pas assez de temps pour souligner et se féliciter des points positifs. D’ailleurs, le moral ne se porte que mieux et cela nous a fait du bien de prendre ce temps !

En conclusion, je dirai que malgré mes difficultés à communiquer avec mes enseignants pendant la partie de terrain, leurs critiques et remarques étaient déroutantes, mais pertinentes. De plus, lors de l’élaboration de la partie collective, ils sont devenus une réelle ressource, et le travail étant reconnu, je finis ce module avec l’enthousiasme dans lequel je l’ai commencé.

Synthèse personnelle de Lydie

La violence est, dans notre société actuelle, un phénomène qui se banalise de plus en plus et qui est devenu un phénomène de mode auprès des jeunes. Quand on entend certains de ceux-ci parler, que se soit entre eux ou avec des personnes extérieures, ils emploient un langage et ont un comportement souvent agressif. Ces formes de violences sont, selon moi, une façon de dire : « j’existe, regardez-moi, écoutez-moi, je suis là, j’ai besoin d’avoir ma place dans la société ». Ce genre de comportement est, en général, le symptôme d’un certain malaise. . La journée, je travaille en tant qu’animatrice socioculturelle dans un centre de loisir pour adolescents et là aussi je remarque fréquemment différentes formes de violences de leur part, qui parfois, peuvent être assez fortes. Lorsque je suis témoin de ce genre de comportement, j’interviens mais ces interventions sont basées sur mes ressentis et non sur des savoirs théoriques. Jusqu’à ce jour, cela à plus ou moins bien fonctionné malgré que je ne sois pas toujours sûre de mes actes et de leurs conséquences. Je pense qu’il est indispensable d’avoir des notions théoriques et c’est pourquoi j’ai opté pour le thème de la citoyenneté agressée et la place des jeunes dans la ville dans le cadre du module OASIS.

Je tiens à mettre en avant le fait que je suis étudiante en cours d’emploi et qu’à côté de ma formation je jongle avec quatre emplois dont deux nocturnes, ce qui me demande beaucoup d’organisation et d’ajustements. Je m’investis du mieux que je peux dans tout ce que je fais. Cependant, je n’arrive pas toujours à être à cent pour cent dans mes diverses activités malgré toute la bonne volonté que j’y mets pour y arriver.

Avec mes collègues de terrain du module OASIS nous avions trouvé un mode de fonctionnement, qui était de travailler en binôme le mardi à des horaires différents avec des plages communes ainsi que des transmissions d’informations chaque semaine. (Un groupe venait dès le matin pour partir en fin d’après-midi tandis que le second commençait en fin de matinée pour terminer en début de soirée). Cette manière de procéder, qui était arrangeante pour nous toutes, me permettait d’être présente et productive sur le terrain en seconde partie de la journée.

Les cours du lundi, que cela soit conférences, exposés et/ou films ainsi que les ateliers « son » m’ont beaucoup apporté. Dont de nouveaux savoirs théoriques et d’outils comme par exemple la démarche de projet et sa méthodologie ou la création d’une bande ainsi que l’utilisation des programmes informatiques nécessaires à la création de cette dernière. Lors de ce module, divers questionnements me sont apparus autant personnellement que professionnellement et j’ai eu l’opportunité de faire des comparaisons ainsi que de liens avec le terrain d’enquête qui nous avait été donné.

Les divers savoirs théoriques que j’ai pu recevoir lors des lundis, m’étaient d’une utilité certaine lors des journées consacrées au terrain. Je trouve intéressant et palpitant le mode d’apprentissage sur le terrain cependant cela ne peut se faire sans un minimum de bagages théoriques adéquats ; les deux modes d’apprentissages se complètent et ont autant d’importance l’un que l’autre. Ce que j’apprécie et qui m’intéresse lors de l’exercice sur le terrain, c’est le contact avec les individus, la relation avec l’autre ; ce que cela apporte ainsi que la richesse et la diversité de ses échanges. Lors de ce module, c’était la première fois que j’exerçais une enquête de terrain. Entrer en relation avec des gens est quelque chose que je pratique régulièrement mais dans un cadre totalement différent. Ici, le concept était tout autre. Ce n’était pas dans une structure de la profession, les gens n’étaient pas demandeurs et de ce fait, j’éprouvais de l’excitation en même temps que de la crainte ; crainte de faire faux, crainte de certaines réactions des acteurs ou de ne pas savoir comment agir et ou réagir, etc. L’inconnu a toujours un côté qui nous intrigue et qui nous fait peur mais tout s’est très bien déroulé.

Je désire cependant mettre en avant une anecdote qui est la rencontre dans le tea room « Les Fougères » avec une dame peu coopérative. Mes collègues venaient de se faire prier de s’en aller de la table où cette personne buvait un verre avec d’autres personnes. Nous, nous étions posées à une table juste à côté d’eux. Nous étions entrain de parler entre nous de notre démarche lorsque cette dame s’est levée et est partie de la table alors Déborah et moi-même sommes allées retenter de nous faire accepter car les discussions qui émergeaient des échanges entre ces gens étaient très intéressants pour notre sujet. Il y avait deux femmes d’un certain âge ainsi qu’un homme un peu plus jeune. Lorsqu’ils nous ont accepté, Déborah s’est mise en position accroupie – position basse, pour continuer l’échange qui se déroulait très bien jusqu’au moment où la dame est revenue énervée de voir qu’on persistait. Elle nous a répété qu’elle ne voulait pas avoir affaire à nous et qu’on ne devait plus les déranger. Alors, nous nous sommes retirées en avançant nos excuses qu’elle refusait d’entendre ». Suite à cet épisode, je me suis sentie mal à l’aise et cela aurait pu me bloquer lors des prochaines interventions ; car ma première réaction à été de penser que le problème venait de nous, de notre manière de procéder. Mais dans une relation nous ne sommes pas seul et le « problème » ne vient pas forcément ou pas totalement de soi. Je me le suis rappelé cela lorsque les deux dames âgées, en partant, nous ont saluées et que l’on a remarqué leur gêne ainsi que leur désolation pour la scène passée.

Tout au long du processus de notre enquête sur le terrain, je me suis sentie écoutée, aidée et considérée par mes trois collègues. J’ai eu beaucoup de plaisir à travailler avec ce groupe qu’on peut qualifié pluridisciplinaire. Ce qui était intéressant c’était d’avoir différentes façons de voir les choses, de part notre vécu et notre apprentissage académique. C’est la deuxième fois qu’une collaboration est aussi agréable et coule de source lorsque je travaille en groupe dans le cadre scolaire. Notre dynamique de groupe était bonne, joyeuse et constructive.

Tous les apports que j’ai pu recevoir lors du module OASIS ne sont pas encore acquis à cent pour cent, j’ai encore beaucoup à exercer pour pouvoir mieux les développer mais je souhaite vous remercier pour tout ce que vous m’avez permis d’acquérir.

Notre groupe
Photo de groupe, selon la démarche photographique
 
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  1. Nos synthèses personnelles
    16 décembre 2008