Accueil du siteOnex : Structures existantes pour les 18-25 ansChronique de cinq inconnu(e)s à Onex
Journal de terrain

I. Chronique de la démarche

22 septembre 2008 : Visite de la ville d’Onex en compagnie de différents acteurs de la cité (ASM, concierge, ancien conseiller municipal, personne retraitée). Par la suite, nous constituons notre groupe et définissons ensemble notre problématique. Nous nous intéressons tout d’abord aux représentations qu’ont les citoyens de la dynamique de la ville pour les jeunes de 18 ans et plus. Au travers de divers acteurs (jeunes, travailleurs sociaux, commerçants, politiques), nous souhaitons observer la place qu’occupent ces jeunes à Onex. A la suite de l’évolution de nos réflexions, nous décidons de nous pencher sur le thème final qui est : " Les jeunes de 18 à 25 ans qui investissent les espaces publics et les structures existantes". Sur cette base, nous débutons notre enquête de terrain.

14 octobre 2008 : Entretien avec Humberto Lopez, TSHM. Tous les membres de notre groupe participent à l’entretien. Entretien avec Emmanuel Blandenier, éducateur de l’UPAdos, qui est responsable de l’atelier musique. (Flore, Laure et Stanislas) Entretien avec un éducateur de l’UPAdos. (Adèle et Christophe)

28 octobre 2008 : Entretien avec le chef du Service de Prévention sociale et de Promotion de la santé, M. Robert (nom d’emprunt). (Flore et Laure) Entretien avec Mme Bella (nom d’emprunt) du vidéo club Magic Movie. (Adele, Christophe et Stanislas) Rencontre spontanée avec des jeunes devant la calle. Dialogue et échanges durant une demi-heure (Flore et Laure). Prises de photos et de croquis à Onex.

30 octobre 2008 : Entretien avec une commerçante. (Christophe)

3 novembre 2008 : Tournée avec Humberto Lopes et le BUPP, durant une heure environ. Nous allons devant le vidéo club, à la Calle, puis au parc de la Mairie. (Adele, Christophe, Flore et Laure) Répartition des différentes lectures entre nous.

4 novembre 2008 : Entretien avec un commerçant, puis, par son biais et sur son conseil, nous nous rendons dans un autre commerce à proximité. Toutefois, l’entretien est très bref car la personne ne désire pas répondre à nos questions. (Adele et Laure) Entretien avec une personne du service de l’urbanisme. (Flore, Christophe et Stanislas)

10 novembre 2008 : Nous nous rendons ce soir à Onex, afin de rencontrer des jeunes sur les différents lieux qui nous intéressent. A la Calle et devant la Coop, il n’y a pas de jeunes. Au parc de la Mairie, il y en a deux, avec lesquels nous menons un entretien (Adele, Stanislas et Christophe). Nous avons eu des difficultés à trouver un endroit où manger car tout est fermé, ce qui nous a pris beaucoup de temps.

11 novembre 2008 : Entretien avec M. Courtet, chef du service de la sécurité. (Adele et Laure) Christophe participe à une conférence à Forum Meyrin en soirée, intitulée « Présentation de la première étude longitudinale nationale sur la transition des jeunes, de l’école à la vie adulte ».

17 novembre 2008 : Entretien avec des jeunes du parc de la Mairie (Flore et Laure). Prise de photos et croquis sur place.

Balcons et buissons

18 novembre 2008 : Pas d’entretiens prévus à ce jour. Chacun de nous se consacre aux lectures.

21 novembre 2008 : Nous avions décidé d’aller à Onex ce vendredi soir, mais nous annulons à cause de la météo très (trop) hivernale.

25 novembre 2008 : Entretien avec un commerçant d’Onex. (Flore et Laure) Entretien avec M. Jeanrenaud de Canal Onex. (Adele, Stanislas et Christophe) Nous visionnons les reportages réalisés par Canal Onex avec Humberto Lopes à Bernex. (Flore, Laure et Stanislas)

26 novembre 2008 : M. Nihed Tilouche, responsable des locaux en gestion accompagnée et de Sport pour tous. (Stanislas)

4 décembre 2008 : Entretien avec Emmanuel Blandenier, dans le cadre des promotions citoyennes. (Stanislas)

11 décembre 2008 : Rencontre avec un membre de l’association « Art de vivre ». (Stanislas)

Notre travail sur le terrain prend fin à ce moment-là. Nous nous consacrons alors plus activement à l’écriture des articles de fond, des différents documents à rendre, ainsi qu’à toute la réalisation du site Internet. Tout au long du module, chacun de nous se consacre à ses tâches dans le cadre des ateliers respectifs, les lundis après-midi et pendant notre présence sur le terrain. Durant ce travail de recherche à Onex, plusieurs d’entre-nous sont allés manger au Casse-Croûte. Il s’agit d’un restaurant à la maison Onésienne, où il est possible de manger pour Fr. 6.-. C’était pour nous une manière d’être en contact avec des habitants d’Onex et de percevoir l’ambiance qu’il y règne.

II. Positionnement lors de l’immersion

Le premier lieu où nous nous sommes rendus à Onex a été la Maison Onésienne. De là, nous avons fait des groupes et nous sommes partis nous balader dans la ville avec nos différents « guides » d’Onex. Nous avons pu découvrir et observer les lieux, tout en bénéficiant d’un commentaire teinté des perceptions de la personne qui nous accompagnait.

Nous avons d’abord été très surpris d’arriver dans cette ville déserte, propre, calme et verdoyante. En effet, nous nous attendions à voir plus de HLM, de gens dans les rues, de jeunes, de tags, moins d’espaces verts et moins d’entretien des espaces publics également. La première impression a tout de même été la surprise, puis sont venues des questions sur ce que nous allions bien pouvoir réaliser comme travail à Onex, dans cette cité qui nous paraissait si paisible. Où allions-nous trouver des jeunes ? Au fil des conférences et des entretiens que nous avons menés avec différents acteurs, nous avons peu à peu ciblé plus précisément les différentes difficultés de la commune.

A différentes occasions, on nous a mentionné qu’un certain sentiment d’insécurité régnait par rapport aux jeunes. Or, à aucun moment nous l’avons ressenti lors nos propres contacts avec les jeunes.

Nous avons ensuite commencé à réaliser nos entretiens. Nous avons choisi de rencontrer chacune des personnes que nous allions interviewer dans son environnement. C’est-à-dire que nous nous sommes rendus dans les différents lieux de travail des professionnels et dans les différents endroits où se rassemblent des jeunes.

Nous n’avons eu aucune peine à obtenir des rendez-vous pour nos interviews avec les professionnels. Nous leur expliquions que nous étions des étudiants de la Haute école de travail social de Genève et que nous faisions une étude sur les jeunes à Onex. Etonnement, personne n’a refusé d’entretien. Parfois, nous avons cité également les références des gens qui nous avaient aiguillés (Mauro Mercolli ou Humberto Lopes). Très vite, les professionnels nous ont fait confiance. Cela nous a permis d’être très spontanés lors de ces entretiens, et réciproquement.

La nature dans la cité

Avec les jeunes, cela a été plus délicat, du moins, au parc de la Mairie. Nous sommes arrivés avec le BUPP (bus prévention parc) et avons été introduits par un TSHM, Humberto Lopes. Nous avons constaté par la suite que ce n’était peut-être pas la meilleure façon de procéder. En effet, cela nous a directement situés du côté des TSHM avec toutes les représentations que les jeunes peuvent en avoir. Nous avons dû préciser notre rôle d’étudiant et que nous n’étions pas là pour leur donner des conseils. D’autre part, nous étions quatre étudiants accompagnés d’Humberto Lopes. Ceci a été perçu par les jeunes comme une forme d’intrusion. Nous sommes restés quelques temps à les dévisager, sans rien dire car un certain malaise s’était installé du côté des jeunes et de notre côté également. Ils se sont sentis observés et jugés. Par la suite, quand nous y sommes retournés en plus petit groupes et sans TSHM, il a été un peu plus facile d’entrer en relation. Or, les jeunes se retrouvent dans ce parc souvent après leur travail et veulent être tranquilles. Certains ont tout de même eu quelques réticences vis-à-vis de nous. D’autre part, comme nous n’étions pas le seul groupe à se rendre à cet endroit, ils se sont sentis envahis et ont eu de la peine à comprendre notre démarche.

Laure et Flore se sont rendues à La Calle afin de faire des photos et croquis et ont rencontré des jeunes. Le contact s’est alors créé spontanément et elles ont pu réaliser un entretien moins formel, ce qui a bien fonctionné.

Concernant les jeunes qui se tiennent devant le vidéo club Magic Movie, nous sommes arrivés et leur avons expliqué notre démarche. Nous avons constaté que ceux qui sont restés ont eu plaisir à s’ouvrir et à parler d’eux.

Toutefois, nous nous sommes rendu compte que, dans l’ensemble, le lien était plus fragile avec les jeunes qu’avec les professionnels. Nous avons dû essayer d’adapter notre langage, préciser notre rôle et insister sur le fait que nous n’étions pas là dans le but de leur faire la morale. Il a été beaucoup plus dur de gagner leur confiance qu’avec les professionnels.

Au fil des entretiens, nous avons parfois été réjouis, parfois déçus ou désillusionnés. Nous nous sommes donc poser des questions sur notre manière d’entrer en contact avec les personnes interviewées et de mener des entretiens. Cela nous a permis d’avancer et de trouver d’autres stratégies.

III. Fonctionnement du groupe

Recette pour un fonctionnement de groupe réussi :

  • 3 cuillères à soupe de coordination ;
  • 2 cuillères à café de travail ;
  • Un brin d’humour ;
  • Un soupçon d’entente cordiale ;
  • Une pincée de prise de tête ;
  • 300 grammes de travail individuel ;
  • 200 grammes de travail collectif ;

Laisser reposer le tout pendant environ 4 mois et déguster avec délectation…

La recette idéale en fait ! Pour notre groupe, les ingrédients étaient tous là mais dans des proportions bien différentes. Par chance, la mayonnaise a tout de même pris et nous avons obtenu un résultat qui faisait partie de nos attentes. En effet, les débuts étaient un peu laborieux car d’une part, nous étions dans le flou total par rapport à ce qu’on attendait de nous, et d’autre part, nous avons dû composer avec la façon de travailler et d’être de chacun, ce qui n’a pas été sans créer quelques tensions.

Nous avons en premier lieu, Adele alias « Grand Schtroumpf stressé ». Son caractère bien trempé et son stress communicatif amenaient parfois quelques tensions qui redescendaient après que nous en discutions. Malgré cela, Adele permettait au groupe de s’organiser et d’avancer dans un bon rythme. En effet c’est elle qui a pris la place de leader et qui nous coachait.

Dans l’opposé, Christophe, alias « Schtroumpf zen ». Son calme et son humour permettait d’atténuer certaines des divergences du groupe. Au niveau du travail fourni, il ne faisait pas partie des meilleurs élèves mais, même s’il lui fallait un peu plus de temps que les autres, son application était là.

En parlant d’application nous avons respectivement Flore alias « Schtroumpfette » et Laure alias « Schtroumpf rieur ». Ces deux personnages étaient des plus efficaces dans leur travail. Deux éléments indispensables qui étaient stabilisateurs du groupe.

Pour finir nous avons Stanislas, alias « Stroumpf solitaire ». Son application était également bien présente mais discrète. Etant donné que c’est le seul à habiter Genève, il avait tendance à faire son travail sur place sans pour autant abandonner le groupe. Il était toujours présent dans les diverses réunions.

Une fois ces caractères bien distincts apprivoisés et les choses dites, nous avons pu travailler sans trop nous prendre la tête. Mais alors comment avons-nous procédé ?! Tout simplement en reprenant notre bonne vieille recette ! Nous nous fixions des objectifs de semaine en semaine pour avancer dans le travail demandé. Nous nous réunissions tous les lundis pour voir où en étaient ces objectifs, faisions un état des lieux des choses faites et de celles restant à faire. Chacun participait pleinement et en fonction de tous. Au niveau des entretiens par exemple, nous prenions soins de se les répartir équitablement selon les emplois du temps de chacun, lesquels étaient corrélés par nos ateliers respectifs (croquis, photo, son et webmaster). Nous avons alors pu faire des tournus de petits groupes pour ces différentes interviews.

La coordination et la communication étaient parfois difficiles notamment en raison des différents lieux d’habitation, des emplois du temps et obligations (module libre, travail, etc.) de chacun. En effet, à part les jours de cours (lundi, mardi), il était souvent compliqué de se retrouver pour travailler ou pour mener des entretiens.

Malgré les quelques tensions, les difficultés de coordination et le temps assez restreint pour le module, je trouve que notre groupe a bien fonctionné. L’ambiance y était souvent bonne et quand cela n’était pas le cas, les choses se communiquaient, ce qui était sain. Il est toujours intéressant de travailler avec de nouvelles personnes et de réapprendre des dynamiques de groupe continuellement.

IV. Choix méthodologiques

Dès le premier jour d’immersion à Onex, nous nous sommes répartis les rendez-vous à prendre pour effectuer les entretiens. Nous avons réalisé les entretiens la plupart du temps à deux ou à trois étudiants. Nous avions choisis de faire des petits groupes à l’intérieur de notre groupe de travail pour ne pas trop intimider les personnes. Nous avions également décidé de nous partager les lieux où se rencontrent les jeunes, afin que ces derniers rencontrent toujours le même groupe d’étudiants. Cependant, cela n’a pas pu être concrètement mis en œuvre car les jeunes rencontrés n’étaient jamais les mêmes, malgré les lieux bien définis. Après chaque entretien, nous faisions un petit retour oral et une retranscription écrite au reste du groupe.

Au début de notre enquête, nos entretiens étaient un peu maladroits. Par soucis d’être bien préparés, nous écrivions toutes les questions avant chaque entretien. Petit à petit, nous avons réalisé que cette démarche n’était pas adéquate car elle enfermait les propos des personnes dans un cadre trop strict. Nous étions ainsi moins spontanés dans nos questions. En quelque sorte, nous étions axés sur ce que nous voulions entendre et les personnes n’avaient pas forcément de réponses à nos questions directes. Je dirais que nous n’étions pas encore prêts à recevoir des propos décalés de nos premières impressions personnelles.

Au fil des jours, notre problématique a été mieux définie de part les entretiens, les observations et les lectures qui sont venues enrichir notre questionnement. En effet, nous nous sommes répartis chacun deux ou trois lectures de livres ou d’articles. Ceci nous a permis de nous sentir plus à l’aise avec notre problématique. Suite à cela, nous avons décidé de réaliser un canevas d’entretien, constitué des idées principales que nous avions recueillies. Nous avons ainsi créé le fil rouge de notre enquête. Les entretiens qui ont étés réalisés suite à cela sont devenu moins directifs, et plus ajustés aux personnes que nous avons rencontrés. Nous devions adapter notre attitude et notre langage en fonction de notre interlocuteur (jeune, commerçant, fonctionnaire, etc. ) mais le fond est resté le même pour tous les interviews. Nous nous sommes ainsi laissé guider par les propos des personnes tout en gardant en tête notre fil rouge.

En fonction des lectures faites, chacun de nous a ressorti des idées pour les articles de fond. Nous avons aisément pu faire émerger trois thèmes. Nous nous sommes répartis les articles de fonds en fonction des envies et des connaissances de chacun suite au travail réalisé sur le terrain et aux lectures effectuées.

Lieu de passage

V. Critique de la démarche

Pour mener à son terme notre investigation, nous avons dû :

Identifier les différents acteurs : nous avons établi un listing des intervenants sociaux, travaillant auprès des jeunes adultes. Procéder ainsi nous a permis d’avoir un regard d’ensemble, et de retenir les principaux interlocuteurs qui nous semblaient les plus pertinents, en lien avec notre problématique.

Mener des entretiens : nous avons dû procéder à des ajustements concernant notre manière de mener des entretiens et d’entrer en contact avec les jeunes. Dans un premier temps, nous avons jugé utile de passer par l’intermédiaire de travailleurs sociaux du BUPP, afin de rencontrer les jeunes. Cependant, cette démarche s’est avérée inadaptée, ne permettant pas un échange spontané. Suite à cela, nous avons souhaité prendre directement contact auprès des jeunes adultes, sans avoir d’intermédiaire. Cette démarche s’est avérée satisfaisante et nous a permis de mener objectivement nos entretiens. Concernant la manière dont nous avons mené les entretiens, nous avons appris, au fil du module, à adapter notre technique d’entretien et laisser une place prépondérante à nos interlocuteurs. Nous avons souhaité connaître l’univers des personnes, tout en adoptant une posture non intrusive.

Organiser le fonctionnement du groupe : concernant l’aspect organisationnel, nous avons rencontré des difficultés pour fixer des moments de rencontres. Cependant, ceci était principalement dû à nos différents lieux de résidence (Genève, Fribourg). La répartition des tâches s’est faite de manière spontanée et globalement, nous nous sommes réparti le travail de manière équitable.

Entreprendre un processus de réflexion autour de notre problématique : Les cours et les lectures réalisées tout au long du module nous ont permis de préciser et de développer notre problématique. Nous avons en effet commencé notre investigation avec une idée très vague d’où on allait, puis au fil du module, nous avons précisé notre problématique et dégagé les thèmes de nos articles de fond. Lors de notre immersion, il nous semblait primordial de « partir du terrain », c’est à dire, de se baser sur les informations récoltées. Pour ensuite, mettre en relation les données recueillies, avec les concepts abordés durant le module.

Le travail réalisé a été enrichissant pour l’ensemble du groupe. Tout au long du module, nous avons appris à travailler ensemble, ce qui n’a pas toujours été évident. Cependant, nous avons réussi à créer un esprit de groupe où chacun a pu s’exprimer et mettre en avant ses opinions.

A propos de l’organisation du module, nous avons trouvé le contenu intéressant. Cependant, nous avons ressenti une certaine frustration quant à la durée de ce dernier, qui nous a semblé concise. Il n’est pas aisé de créer des liens avec les jeunes dans un délai si restreint. Toutefois, le travail réalisé dans le cadre du module nous à permis d’avoir un aperçu de l’enquête de terrain et du travail en équipe.

Adele, Laure, Christophe, Flore, Stanislas
 
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  1. Journal de terrain
    18 décembre 2008