Accueil du siteOnex : Structures existantes pour les 18-25 ansNom de code : Module Oasis
Adele, la Fribourgeoise

Le sujet de ce module oasis était mon premier choix et je me réjouissais de le commencer. Mon intérêt est resté présent tout au long du module.

Couleurs d’automne

Au tout début, il y avait l’effet de nouveauté qui était aussi très excitant ! Etre à Genève, dans une nouvelle ville, une nouvelle école avec des nouvelles têtes m’a beaucoup motivée pour cet oasis.

Il était très agréable que cet oasis soit si riche et varié : les lundis matins avec les apports théoriques, les lundis après-midi en ateliers et les mardis durant lesquels nous étions entièrement immergés sur le terrain. La grande place consacrée au terrain était vraiment idéale.

Par rapport aux apports théoriques, ils m’ont permis d’élargir mon regard sur la jeunesse, par les films notamment. En effet le fait de voir des jeunes à différentes époques, les blousons noirs par exemple, m’a aidé à me rendre compte que la jeunesse a toujours été une tranche d’âge bien particulière, avec ses besoins, attentes, son côté rebelle et provocateur exprimé de diverses manières selon les contextes. Les apports théoriques m’ont également amené des outils méthodologiques utiles comme par exemple la manière de réaliser une enquête de terrain ou un journal de bord. J’ai également apprécié la diversité de ces cours, l’ alternance entre les films, les outils méthodologiques et les présentations des intervenants extérieurs, parfois très proches de notre réalité car anciens étudiants de l’école, actuellement sur le terrain.

Je ne vais pas m’étendre sur l’atelier web car cela a été développé dans un autre chapitre.

Concernant le terrain, nous avons dès le départ été immergés. D’abord, je me suis sentie un peu perdue car peu habituée à cette manière de procéder. En effet, je n’avais jamais réalisé d’enquête de terrain. Je me suis sentie portée par les entretiens et les observations, comme dans un bateau, sans vraiment savoir où j’allais… J’ai alors compris l’importance de la démarche : partir du terrain, d’Onex et se laisser imprégner des réalités qui l’habitent. Construire ensuite une thématique à l’aide de ces données d’enquête et éclairée par des concepts théoriques. Au départ, j’avais déjà en tête quelques représentations, idées et envies pour mener notre enquête. Il s’est agit alors de déconstruire mes représentations afin d’accueillir ce que les divers acteurs de la ville nous ont amené et de partir de là pour constituer notre thème d’enquête. Ceci n’a pas été évident pour moi car en général j’aime bien savoir dans quoi je m’engage et où je vais. Cette démarche m’a appris à composer avec cette situation de flou et à me laisser guider par les données qui ont émergé du terrain. Nous avons dû, tout au long de notre enquête, modifier notre thématique en fonction des apports du terrain. Cela était parfois enthousiasmant, parfois décevant ou décourageant, parfois confus… Mais ça a été un très bel apprentissage.

Quant aux interviews, j’ai pris un réel plaisir à les réaliser. Les premiers n’étaient pas très évidents car nous avions notre liste de questions, ce qui laissait peu de place à la spontanéité du côté des différents acteurs comme du nôtre. D’autre part nous ne savions pas vraiment où nous allions donc nous nous raccrochions à nos questions, ce qui finalement nous bloquait plus que nous permettait d’avancer. Puis, aiguillés et soutenus par M. Simonin et Mme Blum, nous avons constitué un canevas plus souple, sans questions directes mais avec des idées en tête en fonction de notre thématique qui se précisait au fur et à mesure suite aux premiers entretiens et grâce aux apports théoriques. Durant les entretiens, nous avons appris à entrer dans l’univers de la personne que nous avions en face de nous. Il a fallu faire preuve de compréhension et établir un climat de confiance afin que la personne ne se sente pas jugée ou critiquée et qu’elle puisse se sentir libre d’aller au bout de ses idées. Il était parfois difficile de rester neutre quand la personne interviewée avait des propos choquants ou avec lesquels je n’étais pas d’accord. C’est tout un art de mener un entretien. Il faut être assez souple et empathique et en même temps, essayer de garder un fil rouge. C’est passionnant !

Un jeune au parc de la Mairie 4

Ce module m’a également beaucoup apporté au niveau des mes connaissances du réseau social genevois. Par comparaison à Fribourg, qui est une petite ville, le travail social est beaucoup plus développé. Je pense notamment à la profession d’animateur socioculturel qui est beaucoup plus présente et variée qu’à Fribourg. Par exemple, à Fribourg, il existe très peu de Travailleurs sociaux hors murs, ceci est dû en partie au fait que c’est une petite ville. J’ai pu me rendre un peu mieux compte de leur travail. Cela m’a également convaincue dans mon choix de changer de voie de formation, de passer de l’éducation sociale à l’animation socioculturelle.

En ce qui concerne le travail en groupe, il a été très enrichissant. Il a permis de confronter différentes visions, différentes approches, différentes manières de travailler. Pas toujours facile de trouver un terrain d’entente où chacun peut se retrouver. Cela m’a aussi beaucoup appris au niveau de mon propre fonctionnement.

A la fin de ce module, il me reste tout de même une petite frustration. Nous commencions à créer un lien avec les jeunes et notre enquête se termine. J’aurais bien aimé approfondir plus le sujet des jeunes de 18-25ans à Onex par rapport à leur investissement des structures existantes et des places publiques. J’ai l’impression que nous sommes passés à côté de beaucoup de choses, que nous sommes restés en surface. Mais c’est vrai qu’en trois mois, il est difficile d’aller plus loin, plus en profondeur. Ça m’a donné en tout cas un avant-goût agréable de ce que peut apporter une enquête de terrain.

Si j’ai une critique à faire, c’est au sujet de la masse de travail qu’on a eu à réaliser. Je pense que je suis aussi influencée par mon atelier web qui a pris énormément de temps. Là encore j’aurais apprécié pouvoir réaliser une partie du site encore plus complète et structurée en utilisant plus d’outils que nous avons appris lors de l’atelier.

Adele
 
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