Accueil du siteOnex : Structures existantes pour les 18-25 ansNom de code : Module Oasis
Christophe, le Vadais

Tout d’abord, j’ai choisi ce module Oasis car le descriptif me plaisait et parce que je travaille dans une institution avec des adolescents de 12 à 17 ans. Je voyais alors un sens supplémentaire à choisir un module dans ce domaine. Le déroulement de celui-ci s’est passé en plusieurs étapes :

  • Etape 1 : le début du module

La motivation était à son comble car je découvrais une façon de travailler que je n’avais encore jamais expérimentée : le travail sur le terrain. J’entends par là non pas de travailler avec une population dans une institution, ce que je fais déjà, mais de mener une enquête en immersion dans une ville. En plus de cela, le programme m’a aussi plu assez vite. Le fait de mélanger théorie, films et terrain a été pour moi vite attrayant. Sur ce point j’ai beaucoup aimé ces films qui, justement, mettaient en image des choses vu en théorie. C’est un mode de fonctionnement qui me permet de mieux intégrer les concepts. J’ai trouvé aussi assez pertinent le choix des thèmes et la corrélation en image.

Square ou Parc Rouge
  • Etape 2 : la découverte de notre terrain d’enquête, Onex

Ici aussi j’ai trouvé judicieux, comme première immersion, de nous faire visiter la ville par un de ses habitants. J’ai eu droit, pour ma part, à une visite guidée par une personne en retraite. Déjà, des questions m’habitaient mais aussi des découvertes et une certaine méfiance par rapport à ce que notre guide nous montrait et nous racontait. En effet, j’avais l’impression qu’il ne nous montrait que les belles parties de sa ville et surtout, il nous expliquait qu’il n’y avait pas de problème avec les jeunes, au contraire (par contre il nous raconte que chez lui, il ferme sa porte à double tour et il y a rajouté un dispositif avec une barre en fer, beaucoup de sentiment d’insécurité pour une ville qui se porte bien !). Ma première impression fut de découvrir une ville pleine d’espaces verts alors que nous avions eu droit à un petit film fait par les jeunes d’Onex qui nous montrait, avec du rap comme bruit de fond, une ville banlieue pleine de HLM telle qu’on peut en voir dans des quartiers français.

  • Etape 3 : L’atelier web

Je décris, avec ma collègue, mes impressions de cet atelier, dans notre critique de la démarche.

  • Etape 4 : le travaille commence

Beaucoup d’informations à analyser, à trier, à digérer… Niveau théorique cela allait encore car, comme je l’ai dit précédemment, elle était imagée par des films. Par contre au niveau du web et du terrain, c’était une autre paire de manches. Effectivement, sur le terrain, nous avons commencé par élaborer un groupe de travail et ensuite trouver un thème alors que nous débarquions sans trop d’idées. Malgré tout, chemin faisant, tout se construisait. Par contre on s’est vite aperçu que ce module n’allait pas être de tout repos et que le facteur « temps » allait être un de nos principaux ennemis. 4 mois pour former un groupe, l’apprivoiser, trouver un thème qui nous permette d’avancer, faire des interviews (ce qui implique, pour des interviews intéressants, de se faire accepter par la population et qu’elle nous fasse confiance ce qui n’allait pas de soi surtout qu’en plus, personnellement, je n’avais aucune expérience dans ce domaine), lire des livres sur notre sujet, analyser le matériel récolté, comprendre en parallèle ce qui est demandé dans l’atelier web, toujours en parallèle, insérer progressivement nos résultats sur le site, articuler la théorie autour de la pratique, etc.… Le tout pour ma part avec un travail à 80% à côté. Je peux vous dire que question organisation, il fallait s’accrocher. Mais bon gré, mal gré, le travail prenait forme… Et quelle n’est pas la fierté quand on arrive à la fin et qu’on se dit que, malgré tout, nous y sommes arrivés et plutôt bien !

  • Etape 5 : Les apprentissages

Ce module en fut riche ! Je parlerais tout d’abord de celui qui m’a le plus plu, l’atelier web. J’y ai appris des bases de programmation, comment créer un site web, redimensionner des photos, faire des logos, travailler avec Firefox, apprendre des termes spécifiques au jargon d’informaticien tels que une open source, un serveur, travailler avec de nouveaux logiciels tel que Xnview, etc. Cet atelier, même s’il était complexe, fut passionnant. Au niveau du terrain et de la théorie, la chose la plus importante que j’ai apprise c’est le processus qui est nécessaire pour faire émerger une problématique et de la rendre visible aux yeux de tous pour essayer de la résoudre. Le fait de trouver une problématique, de vérifier si c’en est bien une dans le contexte donné en interviewant les gens, en analysant les diverses représentations de chacun / chacune, en cherchant de la théorie qui s’en rapporte, en en créant s’il n’y en a pas. Une fois cette problématique vérifiée, il faut essayer d’en comprendre les enjeux sociaux, économiques et politiques qui s’y rapportent, trouver le moyen de la faire émerger au grand jour avec tout ce que cela implique (savoir être à l’écoute des gens, savoir communiquer avec les différents intervenants, savoir vendre son produit, etc.), il faut également savoir où s’arrêtent nos compétences et où commencent celles des autres. En fait, je me suis toujours retrouvé à la base ou plutôt au sommet, je ne sais pas…là où la problématique a déjà été relevée au grand jour et où l’on essaie de la résoudre ou en tout cas de s’en occuper (je prends ici comme exemple mon travail en institution même si je suis conscient que je peux également y faire intervenir ce processus). Par contre je n’avais jamais travaillé en prenant compte de toute la montagne, de la base au sommet et j’ai vraiment trouvé cela intéressant !

  • Dernière étape qui n’en est pas vraiment une : les faits marquants

Le sentiment d’insécurité face aux jeunes. Il était omniprésent dans cette ville, dans le discours, les représentations des gens. J’y ai même été soumis pendant quelques temps. Ceci jusqu’à ce que je rencontre ces jeunes, qui peuvent, certes, avoir leur manière de parler, de penser qui est différente des adultes mais ce qui est tout à fait normal. Et en fait, une fois qu’on prend le temps de discuter avec, de les écouter, on remarque que ce sont des jeunes tout à fait comme les autres.

La nature dans la cité

Le nombre de structures dans la ville. Je fus vraiment impressionné de tout ce qui était mis en place pour les divers habitants d’Onex. De l’atelier musique au café communautaire en passant par le club des aînés pour arriver à la maison onésienne… j’en passe et des meilleures. J’essayais de comparer à mon Jura natal en me demandant si ces structures existent aussi à Delémont par exemple ou si le canton de Genève est plus avancé sur ce plan. Je pense, d’après mes connaissances, que Delémont n’est pas aussi garnie.

Le film "la graine et le mulet"… Une fois la projection terminée, je suis sorti de la classe en me disant que vraiment, j’aurais mieux fait de rester au lit ! Au fur et à mesure que la journée avançait, je me repassais des bouts du film dans ma tête, en parlait avec mes collègues, etc. Et en prenant du recul sur cela, je vis qu’en fait ce film que je trouvais peu consistant m’avait quand même beaucoup marqué… Pourquoi cette fin ? Ce passage de la dispute est tellement long, quel ennui !… ou devrais-je dire, quel génie ?! Qu’en est-il de la culture ? Pourquoi ces silences ? En plus de ces questions, je me suis rappelé également toutes les émotions par lesquelles je suis passé durant la projection et tout cela juste avec la manière de filmer et de jouer… Ne jamais rester sur la première impression !

Voilà, ce sont les principales conclusions mais je pourrais encore en citer quelques-unes ! La beauté de certaines commerçantes par exemple… mais ça, c’est une autre histoire…..

Christophe
 
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