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Synthèse personnelle de Vanessa

Les cours Oasis

Les cours reçus durant ce module étaient très variés. Il y a eu également plusieurs intervenants. Honnêtement, je n’ai pas grand-chose à dire sur ce sujet. L’organisation était bonne ainsi que la matière apprise. En revanche, je me suis rendue compte de quelque chose. Durant ces présentations, nous avons eu plusieurs exemples du système genevois. Il est arrivé par moment que je sois un peu « larguée ». Car le canton de Genève est bien développé en ce qui concerne le social. En revanche, j’ai le sentiment, lorsque je fais la comparaison avec la région de Neuchâtel, qu’il n’y a pas tout cela. Par conséquent, lorsqu’il y avait des débats en classe, je n’osais pas intervenir car je venais d’apprendre quelque chose ou une façon de faire. Par conséquent, je ne pouvais pas créer ma propre opinion sur le sujet. Je n’avais pas assez de matière pour en débattre.

Le groupe

Lorsque nous avons débuté les cours Oasis, j’avais reconnu des étudiantes de l’EESP. Cependant, je ne les connaissais pas et personnes d’autres. Instantanément, j’ai fait la rencontre des membres de mon groupe. Je peux dire que cela s’est fait naturellement. Et je suis bien tombée ! Rapidement, nous avons commencé à travailler ensemble. Ne connaissant personne, j’avais peur qu’il y ait quelqu’un qui s’impose comme « leader » car nous étions un grand groupe. Au fur et à mesure que nous nous rencontrions, chacun a su trouver son rôle. Ce fut agréable. Ce qui est stupéfait, est que chaque membre du groupe a su s’adapter à chacun et a su respecter la place de l’autre. Personne n’allait empiéter sur un autre terrain. Notre méthode de travail s’est déroulée ainsi : chaque semaine, nous nous rencontrions et un procès verbal était écrit. Ceci nous permettait d’avoir un fil conducteur de la démarche que nous entreprenions. A chaque fin de rencontre, nous distribuions les tâches à faire pour la semaine suivante. Ce principe fut toujours respecté. Chacun a su prendre le rythme de travail du groupe. J’ai l’impression que tout le monde avait conscience que cela était un travail de groupe. Alors, il y avait ce respect « de faire le travail défini ». Si pour quelconque raison, un membre du groupe était absent, il prévenait les autres. Je peux dire que cela fut vraiment un travail de groupe car tout le monde a participé activement et que personne n’était absent. C’est un groupe qui a su travailler lorsqu’il le fallait. Il a été également capable de relâcher la pression quand il en avait besoin.

L’immersion dans le quartier

Ma première visite dans le quartier a été faite par une personne retraitée mais qui était très active dans les différentes associations du quartier. Il est habitant d’Avanchets depuis sa construction. Sa visite a été illustrée par plusieurs anecdotes qui étaient très complète.

Lors de cette visite, nous n’avons pas rencontré beaucoup de monde. Le quartier était calme. Les places de jeux étaient vides. Seule la cours de recréation faisait du bruit. Tout était beau… mais, il n’y avait personne. Je m’attendais à voir plus de mouvement dans un quartier si grand. Il est vrai que durant les journées où je me suis rendue à Avanchets, je n’ai pas rencontré beaucoup de gens. Il m’est également arrivé de m’y rendre en début de soirée, mais là aussi, les rues étaient presque désertes. Alors où sont toutes ces personnes ? J’ai aperçu peu de gens au sein du quartier.

Lorsque j’ai eu cette première visite, je dois avouer que j’avais quelques aprioris. La représentation des cités que j’avais, était celle des banlieues françaises. Par conséquent, mon image n’était pas positive. En revanche, je m’étais demandée à quoi pouvait ressembler les cités en Suisse ? Je n’avais aucune idée et surtout c’est un terme que je n’ai jamais entendu dans ma région de Neuchâtel. Lors de notre visite, j’ai été surprise du calme et de la propreté qu’il y avait dans le quartier. Je pense également que mon groupe s’attendait à autre chose. Nous avons également questionné notre guide sur ce calme. Honnêtement, je ne trouvais pas normal ! Notre guide nous a expliqué que les événements qui se passaient à Avanchets, n’étaient pas propre au quartier. Il nous a prouvé à plusieurs reprises que vivre dans ce quartier a tout son avantage.

C’était bien d’avoir la vision d’un habitant du quartier. Cependant, je restais tout de même perplexe par cette présentation très idéalisée à mon goût. Dès cette visite, j’ai demandé à mes amis genevois leur avis sur le quartier. Rapidement, ils m’ont explicité leur vision. Elle fut négative et très différente de celle de notre guide. J’avais donc là deux discours bien distincts. L’enquête m’a permise d’avoir ma propre opinion de ce quartier.

Une chose qui fut difficile, était de se repérer dans le quartier. Il est grand et tout se ressemble. Mes points de repères furent le centre commercial et le restaurant « Le Paradoxe ». A partir de là, je pouvais m’orienter avec plus de facilité. En revanche, quand la nuit était tombée, il m’était plus difficile de retrouver ma route !

Les différentes démarches

Une de nos premières démarches était de prendre contact avec des habitants du quartier qui sont arrivés dès les années nonante. Nous ne savions pas comment faire. Notre professeur nous a conseillé de prendre contact avec Catherine qui travaille à l’Eclipse. Je lui ai donc téléphoné. Elle me demandait de lui envoyer un e-mail avec des explications de notre enquête et nous avons fixé un rendez-vous. Deux semaines après, je m’y suis rendue avec Caroline. Durant cet entretien, Catherine nous a donné une liste de personnes à appeler de sa part ainsi que d’une autre habitante. J’ai pris contact avec ces différents individus, en leur expliquant ce que nous faisions et nous avons fixé plusieurs rendez-vous. Dans les semaines qui suivirent, nous ferons cinq entretiens. Un des buts de ces entretiens, était de créer un autre réseau à partir des personnes interviewées. Honnêtement, ce n’a pas eu de grand succès. Les personnes que nous avons contactées, faisaient toutes parties du même réseau. Ils se connaissent et habitaient dans le même quartier. Nous avons décidé de ne plus explorer ce réseau. Nous voulions des personnes différentes qui venaient d’autres horizons pour que cela soit plus hétérogène. Cependant, nous ne les avons pas trouvées. Nos recherches finissaient toujours par aboutir au réseau actuel. Par conséquent, nous avons arrêté de chercher d’autres personnes. Maintenant, nous nous sommes penchés sur les interviews faits.

Prendre contact avec ces différentes personnes fut facile. Ils ont tous activement participé aux entretiens. Je les sentais impliqué et elles étaient ouvertes dans ce que nous amenions. Lorsque je devais fixer l’heure et la date du rendez-vous, les personnes furent flexibles. C’est quelque chose que j’ai bien apprécié car cela nous a aidé dans notre travail.

Les entretiens

Le premier entretien, je l’ai fait avec Caroline. Nous avions rendez-vous avec une dame sur son lieu de travail. Elle nous a fait cette proposition car nous serions plus tranquilles et qu’il n’y aurait pas ses enfants autour de nous. L’entretien s’est très bien déroulé. Cette personne a voulu répondre à nos questions et était très ouverte. Cependant, une chose m’a frappée. J’avais l’impression qu’elle idéalisait trop son quartier comme lors de notre première visite. Je ne lui ai pas dit ce ressentis. J’attendais de mieux connaître le quartier pour être sûre de mes sentiments.

Depuis le début de notre enquête à aujourd’hui, j’ai pu me faire ma propre opinion du quartier. J’ai entendu plusieurs avis qui étaient souvent contradictoirs. Personnellement, je pense que le quartier d’Avanchets est mal connu de la part des genevois. Certes, il y a des événements qui se produisent mais je ne crois pas que cela est propre au quartier. Pendant ces quelques mois passés sur le terrain, je peux dire que j’ai été très bien accueillie par les habitants et que je me suis sentie bien dans le quartier. Lors du deuxième entretien, je m’y suis rendue seule. Il a eu lieu le mardi 4 novembre 08 en soirée. J’avais pris un peu d’avance. Car se repérer dans le quartier la journée, c’est une chose et le soir, s’en est une autre. Je devais me rendre à la rue Croix du levant. Je savais qu’elle se trouvait vers le restaurant le « Paradoxe ». Durant ma route vers mon entretien, je n’ai pas croisé beaucoup de monde. Il y avait un groupe de jeunes dans le centre commerciale, un concierge qui sortait les containers et trois enfants qui faisaient du football devant un immeuble. Pour un grand quartier comme à Avanchets, Il n’y avait pas beaucoup de monde.

Une fois arrivée devant l’immeuble, il m’a fallu un petit moment pour comprendre comment y accéder. Je n’avais jamais vu ce système. J’ai appelé la personne chez qui je devais me rendre, pour une explication. Au même moment, un des enfants a remarqué que j’étais un peu perplexe et m’a proposé son aide.

Me voilà arrivée. Je suis bien accueillie chez cette dame. Il y avait ses deux enfants ainsi que son mari. Nous nous sommes installées dans la salle à manger. Pendant que nous faisions l’entretien, ses enfants regardaient la télévision et son mari faisait la cuisine. La personne a voulu répondre à toutes mes questions. Elle était participative et me racontait plusieurs anecdotes. L’entretien aura duré quarante-cinq minutes. Après avoir salué et remercier toute la famille pour son engagement, j’ai demandé mon chemin jusqu’au tram. Son garçon s’est gentiment proposé de me raccompagner avec l’accord de sa mère. Une fois à l’extérieur, je discute avec le garçon, je lui dis que s’il a peur de rentrer seul une fois m’avoir raccompagnée, qu’il pouvait me laisser là. Il me répond : « Je te montre le chemin jusqu’à la route, mais je ne te raccompagne pas jusqu’au tram. Je n’aime pas aller là-bas ». Ensuite, il m’explique que si quelqu’un venait à l’embêter, il serait bien équipé. Il sort de sa poche un pistolet à bille. « Si on me cherche, je sais comment me défendre ! ». Puis, le garçon m’a laissée.

Vanessa
 
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