Accueil du siteAvanchets : La parole des nouveaux habitantsAccompagnements : "Les ateliers"Photo
Synthèse de l’atelier photo de Kristina

Au premier cours de photos, nous avons regardé le film : « war photographer ». L’histoire raconte le parcours d’un américain photographe qui à été sensibilisé assez tôt aux horreurs des guerres, notamment celle du Viêt-Nam. Depuis lors, il s’est donné comme mission de dénoncer les atrocités commises par l’homme, que ce soit la guerre, l’exploitation au travail, la pauvreté…

Ce film nous a ouvert les yeux sur cet art de la photographie.

Les un ou deux cours suivants, nous avons travaillé sur un photographe, ma camarade et moi avons choisi Raymond Depardon, grand Monsieur Français de la photographie contemporaine…Travail enrichissant car cet étude m’a fait connaître un nouvel artiste.

Très vite, Serge Boulaz, notre professeur photographe, s’est intéressé à la thématique de notre recherche sur le terrain. En ce qui me concerne, « l’interculturalité à Avanchets vue par des familles arrivées dans le quartier après 1990 ». Après réflexion et discussion, Serge Boulaz m’a proposé de faire des photos dans des familles pendant leur quotidien, c’est-à-dire faire de la photographie sociale. L’idée m’a paru intéressante, j’ai alors opté pour trouver une famille Italienne et une famille Kosovare. Une bonne raison me poussait à avancer dans ce sens. Au début de nos cours OASIS, et à la présentation du quartier d’Avanchets, le réseau qui travaille à Avanchets ; éducateurs - animateurs etc. nous ont explicité, qu’apparemment, malgré toutes les nationalités et les étrangers dans le quartier, ce sont les étrangers entre eux qui ont des soucis, en autre les Italiens ont de la peine avec les Kosovares. Je me suis donc dis Bingo ! Bonne idée et cela apportera un grand plus à notre travail de groupe. Mais j’ai très vite désenchanté, dans notre réseau nous n’avons pas rencontré d’Italiens ni de Kosovares, ni même entendu parler de ces 2 nationalités. J’ai vite changé de programme…

C’est une famille Suisse d’origine Espagnole que j’ai choisi de photographier, et une famille Kurde.

Un midi, je me suis rendue dans la famille Suisse pour participer au repas. C’était très riche en mouvement et en image. Le mari faisait la cuisine et préparait le dîner en attendant les enfants. La maman venait de se faire opéré le matin, donc elle incapable d’aider son mari. Les enfants sont arrivés l’un après l’autre de l’école. Une jeune fille sur la voie de la puberté, aux portes de l’entrée dans l’adolescence et un jeune garçon très gai, très vivace mais timide en même temps. Ce fût un échange assez intéressant, j’ai pu discuter avec les 4 membres de la famille, ils étaient plutôt ouverts et c’était sympathique.

Un soir, je me suis rendue dans la famille Kurde pour participer au repas. La dame était très gentille, douce, calme et d’une générosité incomparable ! Elle m’a accueilli les bras ouverts. J’avais bien précisé au téléphone que je ne souperais pas avec eux et qu’il fallait faire comme si je n’étais pas là, comme à leur habitude. Impossible ! La maman avait cuisiné toute l’après-midi, une spécialité Kurde, les « Içli Köfte », des boules de couscous assaisonnées et farcies avec de la viande hachée d’agneau. Elle a également préparé une soupe aux légumes et de lentilles rouge ainsi qu’une salade…C’était fameux ! J’ai donc du manger avec la maman.

Un de ses fils travaillait jusqu’à 20h et devait arriver plus tard, quand au cadet, il est arrivé un peu plus tard avec son amie qui habite également le quartier.

Le fils aîné habite seul dans un studio et travail, quand au plus jeune, il est en 3ème année d’apprentissage pour devenir électricien. Le soir ils soupent tous les trois. Le père est décédé il y a trois ans. J’ai passé tout mon temps avec la maman, elle s’est confiée à moi, on a partagé des discussions autour de la cuisine, de la religion, de la politique de la photographie et de son mari. Il m’était très difficile de me positionner. Je me sentais étudiante, photographe, confidente, tout cela en même temps et c’était confus. Emotionnellement je n’ai pas su prendre une ou l’autre direction, j’aurais aimé tout simplement être Kristina et pouvoir échanger plus encore avec cette dame. Mais professionnellement je pense que ce n’était pas la voie à prendre.

Me voilà arrivée à terme de ma démarche, les 2 familles qui j’ai décidé de photographier ont accepté, j’ai terminé mes deux films, l’expérience de passer du temps dans des familles et de faire de la photographie sociale reste un souvenir chargé en émotions.

Arrêt de tram
Kristina
 
Articles de cette rubrique
  1. Synthèse de l’atelier photo de Kristina
    5 janvier 2009