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Synthèse personnelle de Sevim

Première semaine

Lundi matin (22 septembre 2008) à 7h45 une collègue de mon école et moi sommes descendues du train de Genève pour aller à l’arrêt de tramway qui va nous conduire à l’école. Tout à coup, nous avons vu de nombreuses étudiantes de notre école (Fribourg) et des autres écoles (Sierre et Lausanne). Après avoir eu une petite discussion entre le groupe, nous nous sommes rendues comptes que nous étions toutes dans le même train. A ce moment là, j’ai fait la connaissance de Kristina. Nous nous sommes arrêtées au café-librairie. J’ai été dans un état de choc, parce je me trouvais dans une ville qui ressemblait beaucoup à ma ville natale. De plus, j’ai été dans un café qui me donnait l’odeur des livres de mon enfance. C’était un moment magique.

Nous sommes huit étudiant(e)s de l’école de Fribourg au module Oasis « la citoyenneté agressée ». Les responsables du module Oasis, nous ont bien accueillis. En plus, à la suite d’une question au concernant « la possibilité de trouver une place pour se loger » pour les étudiant(e)s qui viennent de l’extérieur de Genève, un des professeurs a posé la question aux étudiant(e)s genevois(es) « Y a-t-il la possibilité pour quelqu’un de loger les nouveaux collègues de la classe, qui vivent à l’extérieur de Genève ? ». J’ai trouvé que cette question posée par un des professeurs était un exemple pour créer un lien de solidarité entre les étudiants. Je l’ai trouvée très constructive. Toutes les choses étaient bien organisées.

Pendant la matinée, nous avons fait un travail de groupe. La thématique était « La ville et la mixité ». « Est-ce qu’on vit bien ensemble ». Pendant ce travail, j’ai fait la connaissance avec Vanessa, une neuchâteloise qui vient de l’école de Lausanne. Il y a deux groupes de 20 personnes pour la pratique de terrain. Le groupe d’Avanchets et le groupe d’Onex. Pendant la pause de midi, je suis partie avec Caroline et Kristina pour pique-niquer dans un parc de ville.

L’après-midi, le groupe d’Avanchets s’est trouvé au local de l’Eclipse. La première visite à pieds à travers le quartier était aussi intéressante. Le Monsieur qui nous a guidés pendant notre visite, m’a bouleversée au niveau de mon regarde sur la population de quartier. Devant nous (le groupe était composé de trois personnes), il y avait un monsieur qui s’exprimait comme un professeur d’Université. Toutes les choses étaient bien organisées. C’était un peu trop organisé. Le Monsieur nous disait « qu’il n’y a pas de problème ici, toute se passe bien ». J’ai regardé partout, j’ai cherché à voir la violence des jeunes. Enfin, nous avons vu deux bancomats cassés et un collègue nous a dit : « Ah, je suis enfin soulagé, on a vu une petite chose de désordre ». Personnellement, je n’attendais pas une chose pareille, car j’avais un préjugé sur la cité. Pour moi, la cité ressemblait à celle de la France et l’Allemagne. Avant de commencer ce module là, j’ai lu quelques livres sur les cités de ces pays. En arrivant en Suisse, j’ai entendu qu’il y a des cités extérieures de la ville de Genève. Par conséquent, je n’ai pas fait une recherche sur : Pourquoi ont-ils construit des cités ? Qu’est-ce qu’il y avait derrière les constructions ? Est-ce que les cités sont-elles construites pour la couche populaire ?. A la place de faire une réflexion, je me suis conduite comme la plus part de gens et j’ai eu un préjugé sur les cités en lisant des journaux, en regardant des chaînes télévisées, en écoutant des discours des politiciens. Une fois plus, j’ai remarqué le pouvoir des medias sur les gens. Comment ils peuvent avoir tant d’influences sur nous.

Après avoir eu la visite à Avanchets, les trois étudiants de notre petit groupe sont allés à la gare. En attendant notre train, nous sommes allés dans une terrasse en bavardant sur le quartier d’Avanchets. Mes deux collègues le comparaissaient avec leurs villages. Deuxième jour (23 septembre 2008). Nous avons restitué nos impressions au sujet de notre visite à Avanchets. Il y avait trois critères. Qu’est-ce que nous avons vu et entendu, quelles étaient nos impressions et informateurs. Nous avons utilisé les post-It couleurs sur un tableau divisé en deux. La matinée a continué avec deux conseillers administratifs, Mme. Kast, d’Onex et M. Apotheloz, d’Avanchets. Ils nous ont présentés au niveau historique, urbanisme et social leurs communes. La pause de midi, je me suis mise en route pour visiter la ville.

L’après-midi, nous nous sommes inscrits à un des quatre ateliers. Les ateliers "web" et de photo m’intéressaient. Il n’y avait plus de place pour l’atelier de photo. Par conséquent, je me suis inscrite à l’atelier de web. Ce jour-là, je me sentais tellement fatiguée à cause du trajet (entre Bienne et Genève) et en même temps contente de découvrir cette magnifique ville.

Deuxième semaine

Lundi 29 septembre. La conférence est « Introduction à l’enquête de terrain ». Ils nous ont montrés un des films du norvégien Bent Hamer « Kitchen stories ». A midi, j’ai continué à découvrir la ville de Genève. L’après-midi, nous avons fait la connaissance avec le responsable de l’atelier Web. Nous sommes 10 étudiant(e)s. Nous utilisons les ordinateurs de l’école. La semaine prochaine, nous amènerons les nôtres. Il nous a demandé notre niveau d’utilisation de l’ordinateur. Ma réponse était « je peux l’allumer ». Nous avons vu des choses basiques. Nous sommes restés au cours jusqu’à 17h. Par conséquent, j’ai loupé mon train. Je dois attendre une heure de plus pour prendre celui d’après. C’est une bonne occasion pour continuer à visiter cette magnifique ville.

Mardi 30 septembre au local de Carqueron à Avanchets. Nous sommes 20 étudiant(e)s et nous nous sommes présentés brièvement. Les travailleurs sociaux du quartier nous ont donné des informations concernant le quartier. Après le cours, je suis allée en ville avec les autres filles et nous avons visité un café. Puis, la visite de la ville à continuer. J’ai demandé à un étudiant s’il avait la possibilité de me loger la semaine prochaine. Parce que je me suis rendue compte que je ne pouvais pas continuer ce marathon là. Il m’a répondue positivement. Je suis très chanceuse.

Troisième semaine

J’ai enfin trouvé une famille qui va m’accueillir pendant le module d’Oasis. La famille vient de mon pays natal et vit à Genève. Lundi 6 octobre. Conférence donnée par M. Wicht. La thématique est « Jeunesse et banlieues ». Des séquences de films nous ont été montrées. Weingartner, 2000 « Trop tôt pour pardonner ». Kassovitz, 1995 « Haine ». Dubet, 1992 « Des banlieues ouvrières aux quartiers d’exil ». Carné Marcel, 1960 « Terrain vague ». Brissault, 1988 « De bruit et de fureur ». Charef, 1985 « Le thé du Harem d’Archimède ». Pittard, 2002 « Le bruit, l’odeur, et quelques étoiles ».

Le soir, j’ai fait la connaissance avec la famille qui va me loger. La dame vit avec ses deux filles. Elles sont étudiantes à la faculté de droit. En bavardant avec elles, j’ai posé la question suivante « est-ce que vous connaissez quelqu’un à Avanchets ? Elle m’a répondue positivement. Quel bonheur ! Elle va nous aider pour trouver un réseau dans le quartier.

Mardi 7 octobre. Quelle chance de rester au lit jusqu’à 8h du matin et de ne pas faire des trajets qui dure environ une heure et demie pour arriver à l’école. Le groupe de vingt personnes s’est trouvé au local de Carqueron. Nous avons choisi des groupes. Nous sommes cinq dans notre groupe. Romain, Caroline, Vanessa, Kristina et moi. Très belle mixité. Trois de fribourg, une de Lausanne et une de Sierre. Notre thématique est la nouvelle population qui est arrivée à Avanchets après les années 1990 en lien avec l’interculturalité.

Le module

Avant de faire le module « La citoyenneté agressée », j’avais entendu qu’il y a des cités qui se trouvent à l’extérieures de la ville de Genève. Jusqu’au premier jour, je ne savais pas qu’il y a une commune de Vernier. Je savais qu’il y a des cités périphériques de Genève et pensais que les habitants étaient des familles étrangères et des familles autochtones qui venaient de la classe populaire (quelle stigmatisation) ! Comme pour la France et l’Allemagne. Grace à ce module là, j’ai découvert qu’un des buts de la construction d’Avanchets était « de favoriser la mixité sociale, de mélanger les générations et les milieux sociaux » [1] .

Le contenu du cours

Il était complet. Une demie journée a consacré pour des conférences et des films, deuxième demi journée pour pratiquer les ateliers. Une journée entière était pour le travail de terrain. C’était génial, enfin la théorie et la pratique qui se complètent.

Le travail de groupe

Il a également bien marché. Nous avons construit une bonne équipe qui a donné tout de suite de ses beaux fruits comme créer des amitiés, établir une ambiance chaleureuse, avoir le respect et le partage mutuel. Nous nous sommes vus régulièrement à l’école et chez Vanessa pour travailler.

Le réseau et les entretiens

La dame qui m’accueillait, m’a donnée une liste téléphonique de quatre personnes ressortissantes de Turquie. Une personne dans cette liste m’a répondue positivement. Les autres ont refusé gentiment. Lundi 27 octobre, après le cours d’atelier, Romain et moi sommes partis de l’école pour aller chez elle. Il pleuvait et en plus nous étions tellement fatigués. Nous avons trouvé facilement l’adresse et devant l’immeuble, il nous fallu un petit moment pour comprendre comment y accéder. Finalement, une habitante de l’immeuble est arrivée et a ouverte la porte d’entrée. Mme X2 nous attendait dans son appartement avec son fils et son meilleur ami. Elle nous a bien accueillis et avait préparé des petits biscuits et du thé de son pays. Elle parlait très peu, certaines fois c’est moi qui faisais la traduction. Après l’entretien, elle a pris son téléphone et a essayé d’appeler les autres familles de Turquie qui habitent à Avanchets. Le lendemain soir, j’ai eu un téléphone de sa part, qui me disait avec une voix triste « je ne comprends pas, pourquoi les gens refusent à votre demande ? Je ne comprends pas. »

Mon deuxième entretien était mardi 04 novembre à 9h15. Caroline et moi, nous nous sommes vues vers 9h et après, sommes allées chez Mme X1. Elle aussi nous attendait. Pendant notre entretien, sa fille et la fille de sa nièce sont arrivées et sont restées durant de l’entretien.

Sevim
 

[1] Gros D., Service de la recherche en éducation, Réseau genevois d’approches interculturelles en éducation, Ecole, quartiers et inégalités sociales, Genève, 2002, pp. 8

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