Accueil du siteOnex : La Tour BleueChronique de notre démarche
Vivre ensemble ?
Notre groupe de travail
Croquis

« Je trouve que c’est important de se sentir bien dans son immeuble, qu’il y ait une vie au sein de celui-ci et d’avoir le sentiment de faire partie de cette vie là. » (Gaëlle)
 
« J’habite dans un quartier où les gens se saluent simplement mais ne se connaissent pas plus que cela ! En ce qui concerne les règles implicites, même si on ne se côtoie pas, elles existent. » (Fabrizia)
Des habitants de la Tour Bleue
Croquis

« On est bien, la seule chose j’aimerais un balcon pour mon chat. » (une habitante)

 
« Ici c’est chacun pour soi. » (une habitante)

 
« Beaucoup rouspètent après le concierge, c’est rassurant d’avoir quelqu’un sur qui l’on peut compter. (…) Il est très gentil, il a trois enfants adorables. » (Une habitante)

 

En construisant la problématique de départ du thème de la proximité, nous avions dans l’idée qu’il était difficile de vivre dans cette proximité urbaine. La disposition des barres d’immeubles relativement proches les unes des autres, avec dans chaque immeuble un grand nombre d’appartements, nous a beaucoup questionné sur la cohabitation, et plus particulièrement celle que nous avons nommée "la Tour Bleue", avec ses 106 appartements. De premier abord, la proximité ne semble pourtant pas poser de problèmes aux habitants de la Tour Bleue que nous avons interviewés.

Selon un éducateur d’Onex, les jeunes ne parlent pas de la proximité. Ont-ils un manque de recul et de maturité ou ne sont–ils tout simplement pas gênés de vivre dans un quartier à forte concentration d’habitants ? Nous n’avons pas pu le vérifier auprès des jeunes car nous avons eu beaucoup de difficultés à en rencontrer. Notre temps d’immersion était trop court pour créer des liens avec les jeunes et ils étaient un peu méfiants lorsque nous les avons abordés dans le hall d’entrée.

L’éducateur pense que les jeunes sont plutôt fiers de leur quartier et ne réalisent pas vraiment qu’ils pourraient vivre dans d’autres conditions. En revanche, les adultes voient la proximité différemment. Les problématiques relevées par l’éducateur en lien avec la forte densité sont des conflits et tensions interculturels, des problèmes de cohabitations, d’incivilités et de violence.

Relation avec les pairs

"Je ne m’attendais pas à rencontrer un immeuble où les gens seraient plus solidaires qu’ailleurs, peut-être même l’inverse, car je partais du principe que l’on vit dans une cité dortoir par obligation et non par choix, vue la situation actuelle du marché de l’immobilier." (Isabelle)

Étant un immeuble HBM, le prix modéré des appartements est un point important pour la majorité des habitants. Les statistiques nous montrent effectivement qu’il y a un grand pourcentage de personnes d’un milieu socio-économique défavorisé dans ce quartier d’Onex, (chômage, bénéficiaires de l’assurance invalidité, milieux ouvriers). Par ce fait, ils est possible que ces personnes soient plus centrées sur leurs difficultés et donc plus individualistes ou peut-être moins bien intégrées, ce qui semblerait être le cas dans cette Tour. Effectivement, plusieurs personnes nous ont parlé du manque de solidarité et du peu de contact qu’ils avaient avec leurs voisins.

« C’est chacun pour soi ici ». « Il n’y a pas de solidarité dans l’immeuble les gens se disent bonjour par politesse » (Une habitante)

Si nous comparons nos différents vécus, nous remarquons que la majorité d’entre nous n’a pas partagé de grande solidarité avec ses voisins, mais simplement des formules de politesse.( "Au revoir, bonjour, merci", etc.) Une personne de notre groupe a un vécu différent dans un immeuble avec ses voisins.

« Il y avait des enfants à chaque étage et on allait en pantoufles les uns chez les autres, nos mamans faisaient des tournus pour nous emmener à l’école ou pour nous garder pour manger à midi ». (Gaëlle)

Par la suite, cette même personne a vécu d’autres expériences en tant qu’adulte, très différentes, où il n’y avait aucune solidarité dans son immeuble.

« Certains voisins ne disaient même pas bonjour et en 2 ans, je ne pouvais pas mettre une tête sur tous les habitants de l’immeuble ». (Gaëlle)

Pour Isabelle, qui a vécu jusqu’à l’âge de 20 ans dans un quartier résidentiel, ses relations avec le voisinage étaient quasi inexistantes.

"Je connaissais très peu mes voisins et j’avais des contacts superficiels avec eux. J’habite aujourd’hui dans un quartier populaire du centre ville. L’immeuble où je vis à une architecture particulière puisqu’il y a des coursives et je dois par exemple passer devant la cuisine de mes voisins pour accéder à ma porte d’entrée. Il y a un très grand vis-à-vis d’un appartement à l’autre permettant ainsi de parler à son voisin par les fenêtres ! L’architecture de l’immeuble et les enfants qui jouent dans les espaces communs donnent un bon « prétexte » pour rencontrer ses voisins. Malgré cela, je constate qu’il n’est pas facile et naturel d’aller à la rencontre de l’autre. Je perçois que les affinités se font beaucoup par origine". (Isabelle)

Effectivement nous pensons que les relations de voisinage dépendent de plusieurs facteurs : la langue, la culture, la timidité, la qualité du premier contact, l’envie ou non d’entrer en contact, mais également de l’image que l’on a des autres et de celle que les autres ont de nous, etc. Tous ces facteurs complexifient passablement les rapports entre individus. L’immeuble de la Tour Bleue a peu d’espaces communs pour créer des liens, à part le hall d’entrée, qui est l’endroit le plus fréquenté et le seul espace où l’on est susceptible de se croiser pour discuter.

Une habitante disait qu’il n’y avait pas d’invitation entre les voisins, ou alors par communauté. Nous avons pu percevoir des tensions entre certaines communautés. Effectivement, selon quelques habitants, l’origine albanaise du concierge dérange. Le concierge nous dit que les gens se plaignent de son origine. Lors de nos temps d’immersion, nous avons trouvé dans l’ascenseur des insultes à l’encontre de la communauté albanaise. D’ailleurs, lui-même ressent du racisme à son égare. Pour une autre habitante, les relations dépendent plus des affinités que de la nationalité.

Les nuisances sonores

En règle générale les habitants de la Tour Bleue ne sont pas dérangés par le bruit de leurs voisins. Certains font attention de ne pas déranger leurs voisins comme cette dame qui a acheté un casque pour ne pas être obligée de mettre la télévision trop fort, car elle n’entend plus très bien. Beaucoup entendent le bruit des enfants mais ne se plaignent pas. Une habitante nous dit :

"On a eu des enfants, on sait ce que c’est ! » (Une habitante)

Intérieur
Photo

Il n’y a visiblement pas de réclamation entre voisins et cela semble convenir ainsi à tout le monde. Les gens entendent du bruit à côté, dessus ou dessous mais sont compréhensifs et tolérants. La plupart des habitants trouvent qu’il est normal d’entendre un peu de bruit. Nous sommes toutes en accord avec ses habitants sur le fait qu’une bonne relation passe par le respect de l’autre. Le respect en ce qui concerne le bruit serait de faire attention à ne pas faire du bruit dans notre appartement à partir d’une certaine heure, d’avertir nos voisins si nous organisons une fête, ainsi que les règles basiques de respect que nous avons intégrées depuis notre enfance, qui nous semblent évidentes mais qui ne sont peut-être pas les mêmes suivant notre culture.

Qualité de vie : avantages et inconvénients

En règle générale, les habitants de la Tour Bleue sont satisfaits de leur qualité de vie. Les espaces verts, la proximité des transports publics et les prix modérés des loyers sont des aspects importants pour la plupart d’entre eux. Nous avons remarqué également que souvent, les enfants ayant grandi à Onex ont souhaité rester dans le quartier de leur enfance.

Suite aux présentations d’Onex que nous avons eues dans le cadre de notre module OASIS, mais également sur nos représentations des cités, nous avions le sentiment que beaucoup de familles vivaient dans des logements plus ou moins petits et que la sur-occupation des appartements était chose courante à Onex-Cité. Nous avons donc pu vérifier ces hypothèses et nous avons été agréablement surprises de constater qu’il y avait principalement de grands appartements dans cet immeuble, et que les familles vivaient généralement dans des 4 ou 5 pièces.
 

La Tour Bleue
croquis

L’immeuble 41-43 Gros-Chêne comprend :

  • 30 quatre pièces
  • 44 cinq pièces
  • 16 deux pièces et demi
  • 16 deux pièces

Total : 106 appartements

(Source : Secrétariat des Fondations Immobilières de Droit Public)

Pour une autre partie des habitants, ils habitent Onex car ils n’ont pas les moyens d’aller ailleurs, mais aucun ne déplore les conditions de vie.

La vie associative

Le président de l’Association des Habitants d’Onex Cité (AHOC) pense que la vie associative d’Onex est très présente mais que c’est la classe moyenne qui la fait fonctionner, car les personnes les plus défavorisées ne peuvent pas donner quelque chose vue leur situation difficile et restent des « personnes demandeuses. » Selon lui, il n’y a pas plus de solidarité dans les quartiers plus fragiles. Ce serait même le contraire, ce qui rejoint notre hypothèse de départ.

Pour un travailleur social d’Onex, les activités et les manifestations organisées par la commune servent de soupape de sécurité :

« C’est ce qui permet que ce soit vivable et que ça n’explose pas ». (un éducateur)

Malheureusement les gens ne s’investissent pas pour un mieux vivre ensemble. Il distingue deux catégories : les personnes ayant un bon niveau social, qui ont des activités en ville et rentrent à Onex simplement pour dormir et ne souhaitent pas s’intéresser aux problèmes de citoyenneté ou de cohabitation, et l’autre partie des habitants qui n’a pas tellement les moyens socioculturels, ni l’énergie pour s’investir.

« Chacun a ses raisons, mais le résultat est le même ». (un éducateur)

Nous n’avons pas pu vérifier ceci, car nous n’avons pas interrogé les habitants de la Tour Bleue sur leur participation à la vie associative. Nous leur avons demandé leurs sentiments sur la fête des voisins. Toutes les personnes interrogées connaissaient la fête, mais n’y allaient pas forcément chaque année même si la plupart ont apprécié.

 

Le vivre ensemble
Montage sonore
IMG/mp3/vivre_ensemble_les_relations_de_voisinage_pour_internet.mp3
 
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