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L’investissement des espaces publics : tu me vois, je te regarde mais qui m’écoute ?!

Introduction

Nous avons choisi d’approfondir ce thème pour comprendre les enjeux qui se jouent autour de l’investissement ou non des diverses structures que la ville d’Onex offre à ses jeunes habitants de 18 à 25 ans. Pourquoi les investissent-ils ? Que doit-on comprendre lorsque tel n’est pas le cas ? Qu’est ce qui amène certains jeunes à ne pas vouloir des structures proposées, à investir plutôt des espaces publics ? Dans cet article, nous nous pencherons d’abord sur la situation dans laquelle se retrouvent les jeunes de plus de dix huit ans à notre époque. Puis, à partir des données du terrain ainsi que de quelques lectures nous parlerons des espaces publics investis par les jeunes à Onex, à savoir, La Calle, la place devant le vidéo-club Magic Movie (en face de la Coop), le parc de la Mairie et des significations possibles de l’investissement de ces lieux. En effet, au-delà des désagréments que peuvent amener ces jeunes en occupant ces espaces publics, il y un besoin de repères, de reconnaissance et également un besoin essentiel de se construire une identité.

Jeunes de plus de dix huit ans en manque de repères

Les jeunes de plus de dix-huit ans se retrouvent dans une situation particulière. Ils ont l’âge de la majorité et toute une série d’obligations que cela implique. Ils sont censés être adultes sans l’être encore vraiment, sans qu’ils y soient préparés. On attend d’eux qu’ils soient insérés dans le marché du travail ou en voie de l’être, qu’ils accèdent à leur propre logement, qu’ils votent… Dans d’autres cultures, les rites de passage marquent cette étape de l’enfance à la vie adulte. Or, dans nos sociétés occidentales, ce passage n’est pas marqué. D’autre part, comme le souligne Bouamama, la jeunesse n’est pas perçue comme un âge de la vie mais « comme transition entre l’enfance et l’âge adulte » [1] . Selon certains, « la jeunesse n’est qu’une adolescence prolongée et inachevée. » [2] La société n’accorde donc pas vraiment de place, de reconnaissance et de statut à la jeunesse. Elle est plutôt perçue comme un entre-deux, « une sorte de « salle d’attente » dans laquelle des individus encore « incomplets » ou non accomplis attendent leur tour. » [3]

Comme le rappelle Annamaria Colombo (2008) [4] , il y également un certain brouillage des repères et des normes. En effet, l’individualisme prôné dans nos sociétés industrialisées a pris le dessus sur le collectivisme des générations précédentes. Le jeune se retrouve donc avec une série de responsabilités qu’il doit assumer seul alors qu’il est en pleine construction de son identité. Selon le chef du service de prévention sociale et de promotion de la santé que nous avons interviewé, avant, les jeunes formaient leur identité beaucoup par rapport au travail. « Dans les années 60, les jeunes avaient un travail, leur identité était construite. Aujourd’hui, il est toujours plus difficile de trouver une place d’apprentissage et ils n’ont plus le repère du travail. » Comme actuellement, le marché du travail est de plus en plus exigent, il est plus difficile pour les jeunes moins insérés dans le monde professionnel de se former une identité et de trouver une place dans notre société.

Parc de la Mairie

Investissement des espaces publics

Ce qui ressort de la majorité de nos interviews est qu’il n’existe pas de structure de loisirs adaptée aux jeunes de plus de dix-huit ans. Il n’y a pas vraiment de bars, de discothèque ou de commerces qui leur sont destinés. Les centres de loisirs comme l’UpAdos ou la Maison Tacchini, sur la commune de Lancy, n’ont pas le mandat de travailler avec des jeunes de plus de dix-huit ans. Or, nous avons constaté qu’il existe tout de même le café communautaire qui ouvre ses portes aux plus de dix-huit ans, l’atelier musique, les locaux en gestion accompagnée (locaux mis à disposition des jeunes et autogérés par eux, avec certaines règles dont l’interdiction de consommer de l’alcool ou du cannabis. Un Travailleur Social Hors Mur y passe régulièrement pour voir si le contrat est respecté). Il existe également le « Sport pour tous » où ils peuvent se rendre régulièrement.

L’investissement des espaces publics par les jeunes révèle que ces structures ne correspondent pas ou seulement en partie aux besoins de certains jeunes. En effet, pratiquement tous les jeunes revendiquent un local où ils pourraient se retrouver, échanger et décompresser. Par contre, comme nous le cite Parazelli par rapport à son expérience de la jeunesse : « une de leurs revendications principales est aussi d’avoir un espace qui ne soit pas fonctionnalisé, c’est-à-dire, un espace libre. Le stade, c’est de l’herbe. Ce qui est réclamé, c’est la reconnaissance de lieux où ils puissent s’exprimer, "faire ce qu’on veut"(…) un lieu qui leur permette d’être sujet et non pas toujours et encore l’objet du désir des adultes. » [5] C’est certainement une des raisons pour laquelle l’idée du local en gestion accompagnée n’a pas donné le résultat espéré face à la population se retrouvant sur les places publiques d’Onex.

Pour en revenir aux espaces publics, les endroits comme La Calle, la place devant le vidéo-club Magic Movie et le parc de la Mairie permettent aux jeunes de se rencontrer. La Calle et la place devant le vidéo-club sont des points de rassemblement stratégiques qui donnent l’occasion aux jeunes d’être vus.

Eclaircie sur la Calle

En effet, ces deux places sont des lieux de passage, devant les commerces, proches des immeubles d’habitation. Le parc de la Mairie est un lieu plus caché, loin des habitations. Les jeunes se retrouvent dans ces endroits, souvent en fin de journée pour décompresser de leur journée (discuter, s’amuser, boire un coup ou encore fumer un joint, etc.). Comme ils sont à l’extérieur, ils sont de cette manière plus libres de faire ce qu’ils veulent. En effet nous avons relevé, dans nos divers entretiens avec les jeunes, qu’ils préfèrent se rencontrer là plutôt que chez eux : « On ne peut pas inviter des amis à la maison, car il y a les parents. » ou dans les structures qui leur sont destinées car il y a des règles à suivre et un comportement à adopter. Ils ne s’y sentent pas à l’aise. Ici Fize [6] , parlera de "lieu intermédiaire" entre un espace privé qu’ils ne peuvent pas avoir chez eux, et un espace contrôlé dans lequel ils ne peuvent se sentir libres. On remarque alors que ces jeunes s’approprient des lieux publics en instaurant leurs propres règles qui ne sont pas du goût de tous. Lieberg donne deux catégories de lieux de rencontre des jeunes dans ses écrits. Il parle de "place of retreat" (place de retraite) et de "place of interaction" (place d’interaction). "La place de retraite" est assimilable au parc de la Mairie dans le sens où c’est un espace qui permet aux jeunes de se retirer, d’être loin des parents, des autorités, des gens. Un lieu où «  il n’y a pas trop souvent des gens qui viennent nous déranger, parce qu’on ne dérange pas non plus les gens. » comme nous le faisait remarquer Stéphane (prénom d’emprunt), un des jeunes fréquentant ce lieu. "La place d’interaction", est semblable à la Calle ou à la place devant le vidéo-club Magic Movie. Ce sont des lieux de passage, où les jeunes peuvent voir et être vus. Ceci donne aux jeunes une place sociale ! Cette notion de place sociale est notamment reprise par Bouamama dans sa littérature et sera plus développée dans le paragraphe suivant concernant le sens de l’investissement des espaces publics.

Dans les lieux comme La Calle et la place devant le vidéo-club, ce qui dérange le voisinage est qu’ils sont là, posés, sans rien faire, alors que ces lieux sont destinés à être des lieux de circulation. Comme le remarquent les différents professionnels dans nos entretiens, ils font du bruit, utilisent parfois un vocabulaire violent entre eux, laissent leurs déchets, commettent de petits actes de vandalisme, parfois des vols, ce qui provoque un certain sentiment d’insécurité auprès de la population onésienne. « (…) ces jeunes amènent un certain sentiment d’insécurité dans les environs, de l’agacement suite au bruit qu’ils peuvent faire et cela à des heures tardives, ou aux déchets (mégots, papiers, verres, bouteilles, etc.) qu’ils laissent quotidiennement. »Le souhait de certains commerçants est que « ces jeunes n’existent pas », qu’il n’y ait pas de jeunes qui « zonent ». Or, l’investissement de ces lieux et les comportements des jeunes ont un sens.

Investissement des espaces publics, quel sens ?

Les raisons de la présence des jeunes dans la rue sont multiples. Il y a d’une part le besoin de liberté et de terrain d’expériences et d’expérimentation loin de tout contrôle des adultes, qui est propre à cette tranche d’âge.

Il y a également et très fortement pour certains jeunes, le besoin d’obtenir une place sociale au sein du quartier, par leur visibilité notamment. Comme le rappelle Bouamama, par leur stratégie de visibilité sociale, « les jeunes se posent comme acteurs collectifs incontournables. (…) Les actes de provocation vis-à-vis des équipements publics (vols, vandalisme…) signalent une présence à prendre en compte. » [7] Cette volonté d’être pris en considération s’adresse principalement aux autorités et pouvoirs publics. La confrontation aux adultes et aux autorités leur permet d’être reconnus et est un moyen de ne pas être exclu, c’est en fait une demande d’intégration. Selon Bouamama, la confrontation est nécessaire car même si elle n’amène pas de solution dans l’immédiat, elle permet tout de même d’octroyer une place à la jeunesse dans le sens où, s’il y a confrontation, il y a du répondant, ce qui est préférable à une certaine passivité qui serait synonyme d’un manque de reconnaissance de leur existence. Ce besoin de reconnaissance et de valorisation se retrouve également dans l’entretien que nous avons réalisé avec M. Jeanrenaud, directeur de Canal Onex, qui souligne que le fait d’avoir été pris en considération dans les diverses émissions a fait changer le comportement des jeunes qui sont sortis de l’anonymat. Cela a permis également un lien avec les adultes d’Onex. « Ces émissions ont notamment permis aux citoyens de mieux se rendre compte de la réalité des jeunes, de changer leur regard, de voir qu’ils ne faisaient pas rien. Ceci a atténué leur crainte et a permis plus de communication entre les jeunes et adultes. Certains adultes sont alors plus facilement entrés en contact avec les jeunes. Les jeunes se sont sentis reconnus et valorisés. De ce fait leur comportement a changé. »

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M. Jeanrenaud de Canal Onex
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Cette revendication est d’autant plus forte chez les jeunes sans emploi, dans notre société où l’insertion professionnelle est quasi indispensable à la reconnaissance d’un statut social et à la constitution de l’identité. Comme le monde du travail est parfois momentanément ou durablement inaccessible pour certains jeunes, l’espace public est un terrain plus propice à la négociation d’une place au sein de la ville. Leur besoin de repères spatiaux et d’identification à Onex reste un moyen alternatif au travail, à leur besoin d’appartenance. On peut repérer ce fort besoin d’identification à Onex notamment par les tags du code postal qu’ils effectuent.

Une autre explication est celle de Dubet et Lapeyronnie. Pour eux, "l’identification à un territoire stigmatisé par un groupe d’appartenance de jeunes, permettrait à ces jeunes de valoriser une identité sociale marginalisée" [8] . Il est question là d’une identité sociale qu’un groupe de jeunes peut se construire avec ses pairs. Cette identité est primordiale pour ces jeunes et leur permet de se socialiser au monde les environnant. Certes, cette socialisation devrait se faire entre autres dans leur famille ou à l’école, mais ces institutions ne sont plus capables de le faire pour certains jeunes, et donc de les inculquer à leur descendance. Notamment suite à l’individualisme de notre société, mais aussi du fait du monde précaire du travail qui ne permet plus d’avoir de repères stables et clairs comme il y a une cinquantaine d’années. Il reste alors le groupe de pairs. Ces jeunes, même s’ils sont marginalisés, font partie d’une même culture. Celle-ci comporte divers critères tels que les goûts musicaux (hip hop, techtonic, etc), l’âge ou encore l’origine. A noter qu’elle réunit souvent plusieurs de ces critères à la fois. Dans ces groupes d’appartenance, les jeunes retrouvent des repères qu’ils n’ont plus dans les autres lieux de socialisation et ceux-ci leur permettent de se construire une identité sociale, de se socialiser à leur manière et dans le groupe qui leur permet de le faire. Cette identité peut être marginalisée comme leur place sociale mais elle est indispensable à la construction de ces jeunes.

Parazelli complète ce concept d’identification avec une autre approche qui est celle de l’appropriation des lieux : « (…) c’est par l’appropriation des lieux (si elle perdure dans le temps) que l’individu peut accomplir et stabiliser un processus d’identification » [9] . Ici c’est l’espace et non plus le groupe d’appartenance qui permet aux jeunes de se construire une identité. Benjamin Steck rejoint tout à fait Parazelli lorsqu’il dit que « l’identité implique des repères et leurs propres références qui bornent ainsi leur territoire. » [10]

Le Magic Movie

En effet, l’appropriation d’espaces publics définis permet aux jeunes, comme l’effet d’un groupe d’appartenance, d’avoir des repères, une délimitation précise de l’espace qui est source de sécurité pour eux. A noter ici la notion de temps qu’instaure Parazelli. Pour que le processus d’identification sociale puisse se faire, il est indispensable que le groupe s’approprie pendant une certaine période, un lieu donné. Si tel n’est pas le cas, la situation n’amènerait que plus d’instabilité dans le sens où le jeune ne pourrait pas se "poser" à une place et y intégrer son fonctionnement.

Le problème qui se pose alors est la volonté des habitants, des autorités et de certains commerçants d’éloigner ces jeunes, par des Securitas et des caméras de surveillance notamment, de repeindre les murs lorsqu’il y a des tags… Ces mesures montrent que ces différents acteurs ne considèrent pas ces manifestations des jeunes comme un besoin essentiel de socialisation et de former leur identité. Parazelli, dans son ouvrage sur les jeunes de la rue à Montréal, illustre bien que par des mesures de surveillance en vue d’éloigner ces jeunes, on ignore les efforts de socialisation des jeunes et on contribue à leur exclusion sociale et à un refus de leur existence. Ce point est également soulevé par Lieberg. [11]. Il ajoute à ces notions de place de retraite et d’interaction, la notion de "forbidden zone". Il parle de cette "zone interdite" en la comparant à un environnement de criminalité dans laquelle la jeunesse se retrouve. Statistiquement parlant, lorsque l’on essaie de détruire les espaces publics investis par les jeunes ou de leur interdire leur accès. Ce constat fait par Lieberg se rapporte plutôt à des jeunes qui vivent dans la rue où l’espace public prend un sens différent que pour les jeunes d’Onex ayant tous un logement. Par contre le lien peut être fait dans le sens où, si les habitants s’évertuent à vouloir éviter que les jeunes se regroupent dans des lieux publics, ces derniers devront alors trouver d’autres stratégies pour être reconnus. Ces stratégies se retrouvent souvent dans les zones interdites décrites par Lieberg, ou, en d’autres termes, dans la criminalité.

Conclusion

La période de l’adolescence est très complexe et il est vrai que les jeunes adultes, dans notre société actuelle, sont encore en pleine construction identitaire. En occupant des places publiques, ils cherchent à être vus et reconnus dans le but d’obtenir une place sociale. Le fait d’occuper un espace delimité et de se retrouver entre pairs leur permet également de construire leur identité. Pour l’instant, beaucoup de ces jeunes ne trouve pas ailleurs le moyen d’être reconnu et d’une manière générale pas dans des lieux fonctionnalisés où règnent des règles et un cadre qu’ils essayent justement de fuir.

Il est clair qu’au vu de ces informations, il faudrait trouver une solution qui conviendrait à tout le monde en trouvant des structures adaptées à ce que cette jeunesse demande mais pour cela, un effort doit être fait des deux côtés. Dans tous les cas le fait de ne pas considérer les jeunes d’Onex en essayant de les faire partir de ces emplacements, suite aux nuisances qu’ils y amènent, ne fait que déplacer le problème. Pire, il pourrait réellement procurer à ces jeunes un sentiment de ne pas avoir leur place et même de ne pas exister ce qui les pousserait à tout faire pour inverser cette tendance.

Nous pensons que la tâche est complexe et que beaucoup de choses ont déjà été tentées. A notre avis, la reconnaissance passe en premier lieu par l’acceptation et la compréhension de l’autre avec ses particularités et par la communication et la création de liens entre les personnes des différentes générations dans une même ville.

Adele Colombo et Christophe Ioset
 

[1] BOUAMAMA, Saïd, De la galère à la citoyenneté, Paris, Editions Desclée de Brouwer, 1993, p. 26.

[2] Ibid., p.27.

[3] SCHULTHEIS, Franz, « Splendeurs et misères de la jeunesse sous le règne du nouvel esprit du capitalisme », in : Jeunesse aujourd’hui, Analyse sociologique de la jeunesse et des jeunes dans une société en mutation rapide, Genève, Forum Meyrin, 2004, p. 28

[4] COLOMBO, Annamaria, La reconnaissance : un enjeu pour la sortie de la rue des jeunes à Montréal (ronéo). Thèse présentée comme exigence partielle du doctorat en études urbaines, programme conjoint, Montréal, Université du Québec, 2008.

[5] PARAZELLI, Michel, La rue : parcours et pratiques identitaires des jeunes de la rue, Québec, Presses de l’université du Québec, 2002, p. 106

[6] FIZE, Michel, Le peuple adolescent, Paris, Ed. Juillard, 1994 cité in PARAZELLI, Michel, La rue : parcours et pratiques identitaires des jeunes de la rue, Québec, Presses de l’université du Québec, 2002, p. 110

[7] BOUAMAMA, Saïd, De la galère à la citoyenneté, Paris, Editions Desclée de Brouwer, 1993, p. 93.

[8] DUBET et LAPEYRONNIE, Les quartiers d’exil, Paris, Edition du seuil, 1992, p.185 cité in PARAZELLI, Michel, La rue : parcours et pratiques identitaires des jeunes de la rue, Québec, Presses de l’université du Québec, 2002, p. 110

[9] PARAZELLI, Michel, « Jeunes de la rue et gestionnaires urbains. Une topologie conflictuelle » in : Pierre-W. BOUDREAULT, Michel PARAZELLI (ss la direction), L’imaginaire urbain et les jeunes. La ville comme espace d’expériences identitaires et créatrices, Sainte-Foy, Presses de l’université du Québec, 2004, p. 185.

[10] STECK, Benjamin, L’exclusion ou le territoire du repli progressif, l’information géographique, no 2, 1998, p.69 cité in PARAZELLI, Michel, La rue : parcours et pratiques identitaires des jeunes de la rue, Québec, Presses de l’université du Québec, 2002, p. 110

[11] LIEBERG, Mats, Appropriating the city : teenagers’use of public space, dans S.J Neary, N.S. Snirns et F.E. Brown (dir.), The urban Experience. A people Environment Perspective, p. 321.333 cité in PARAZELLI, Michel, La rue : parcours et pratiques identitaires des jeunes de la rue, Québec, Presses de l’université du Québec, 2002, p. 110