Accueil du siteAvanchets : Les jeunes adultesLectures et Entretiens : la précarité
La précarité sous toutes ses formes
Par Laetitia et Iliana

Nous avons fait un plan d’analyse afin de ressortir un maximum d’éléments reçu lors de nos entretiens avec les différents professionnels et jeunes interviewés, mais aussi de nos différentes lectures. Il est intéressant de partir de ce point de départ car cela permet de regrouper un maximum d’éléments recueillis. D’après ce plan, nous pouvons partir sur une analyse des différentes données de terrain, de théories reçues et lues à travers ce module. Toutefois nous aimerions souligner que les données auraient pu être complètement différentes si notre immersion dans le terrain avait été plus longue et qu’une relation de confiance avait été plus forte. Puisque notre relation avec les différents interviewés a été moins élaborée, nous ne pouvons pas partir sur une analyse approfondie. Cependant, nous essayerons de mettre en évidence, à travers une analyse de base, les éléments obtenus.

Nous avons pu ressorti six champs sociaux de la précarité :

- Emploi
- Logement
- Famille
- Sociale
- Information
- Scolaire / Formation

De ces champs sociaux, nous avons ressorti trois états, dans lesquels nous allons pouvoir mettre en évidence les représentations, les idées tirées de chaque lecture et de chaque interviewé, pour enfin les analyser. Ces trois états sont : la fragilité, l’insécurité et l’instabilité. Nous les avons définis en fonction de notre compréhension et avec l’aide de deux références théoriques, « la précarité une réalité genevoise » de Bernard Clerc, Isabelle Csupor, Pascal-Eric Gaberel, Augustin de Coulon et De Yves Flückiger. « Précarités et insécurité sociale » par Cyprien Avenel et Florence Thibault.

- Fragilité : Dimension Objective : Ressortir les facteurs de risque liés aux Ressources, compétences, moyens du jeune.

- Insécurité : Dimension Objective et/ou Subjective. Ressortir les différents capitaux positifs et de connaître s’ils sont à long ou à court terme et qu’est-ce que cela renvoi au jeune.

- Instabilité : Il s’agirait plutôt d’une dimension subjective. Ressortir les différents ressentis, sentiments de chacun au sujet de la précarité.

Nous avons croisé dans ce tableau toutes les données récoltées auprès des professionnels et des jeunes interviewés, ainsi que des auteurs consultés.

Nous choisissons de nous référer au tableau de notre plan pour développer notre analyse.

FragilitéInsécuritéInstabilité
EmploiPlomb : nouvelles conditions d’accès au monde du travail → barrières, incertitude dans les familles sur plan professionnel, chômage créer une fragilité chez les jeunes (projection dans l’avenir)Peccoud : jobs temporaires
Précarité + insécurité sociale : boulot à contrat déterminé
Sam : travail temporaire
Pierre : manque de motivation (si on veut on peut, on s’en donne les moyens)
Scolaire/ FormationHaller : manque d’orientation au CO
Djamel : CFC voie de secours
Peccoud : manque de bagage
Plomb : manque de niveau scolaire
Conseillères CO : forcing dans les inscriptions (à la fin du CO chaque élève doit avoir un projet, même s’il ne l’a pas choisi) Peccoud : manque de confiance en soi à la suite de plusieurs situations d’échecs
Sam : a été placé dans une classe spécialisée qui favorise les travaux manuels, suite à un mauvais rapport avec une enseignante.
LogementJacques : manque d’appartement vacant et appartements trop chers (quasi impossibilité de déménager si on ne se plait pas dans le quartier)
Clara : n’a pas la possibilité d’habiter sur Genève pour ses études car les loyers sont trop élevés.
SocialeConseillères CO : pistons pour trouver une place d’apprentissage
Pierre : les jeunes s’ennuient et manquent d’activités, ils sont coincés entre deux cultures (dehors un comportement à la maison un autre)
Plomb : réseau de connaissance (piston)
Peccoud : sentiment d’être rejeté de la société, manque de confiance en soi
Baba : sentiment d’être largué
Pierre : sentiment de vouloir toujours plus, les jeunes ont honte de demander de l’aide
Sam : nous donne le sentiment d’avoir honte lorsqu’il s’agit de demander de l’aide.
InformationIsabelle : incapacité de gérer l’administratif (factures, impôts, etc.)
Pierre : influence des médias (génération star academy, le tout tout de suite, le "bling bling")
FamilleConseillères CO : addictions, la situation des parents influence la situation des ados (si le parent va mal, l’enfant aussi)
Plomb : besoin de satisfaire la famille dans le choix de sa formation (profession valorisée par une personne de l’entourage)
Conseillères CO : addictions, la situation des parents influence la situation des ados (si le parent va mal, l’enfant aussi)Conseillères CO : addictions, la situation des parents influence la situation des ados (si le parent va mal, l’enfant aussi)

Précarité de l’emploi

La précarité de l’emploi touche nos trois états définis auparavant. Nous avons pu lire que différents facteurs fragilisent les jeunes au moment de l’entrée dans le monde du travail. La crise des années ’90 a engendré beaucoup de changements. En effet, le chômage a touché une grande part de la population, le travail à contrat de longue durée est devenu rare pour laisser la place au travail temporaire, les qualifications requises et les examens d’entrée sont devenus de plus en plus difficiles, etc. Tous ces changements font qu’il s’est installé dans les familles un sentiment d’incertitude sur le plan professionnel. On ne croit plus dans les esprits être au service de la même entreprise toute sa vie et un épisode au chômage et devenu chose courante. Mais le chômage engendre une fragilité chez les jeunes. Lorsqu’ils restent sans activité et rencontrent des difficultés à retrouver un emploi, cela les empêche de se projeter dans l’avenir. En effet, comment faire des projets sur du long terme quand on ne sait pas de quoi demain sera fait ?

La conjoncture actuelle n’offre pas de conditions de travail sûres. D’après les dires des professionnels et diverses lectures, nous avons pu constater que le travail temporaire, ou contrat à durée déterminée créent un sentiment d’insécurité. Il permet peut-être de relever la tête et de se stabiliser sur du court terme, mais une fois le contrat terminé ce sera retour à la case départ. Pour se construire et faire des projets, les jeunes ont besoin de se stabiliser, d’avoir de bonnes bases pour démarrer. Malheureusement, les conditions actuelles ne permettent pas à tout un chacun de trouver cette stabilité. Les personnes les plus lésées seront, entre autre, les jeunes qui sont moins expérimentés et moins formés.

Les jeunes se retrouvent alors déstabilisés et certains d’entre eux peuvent se retrouver démotivés et baisser les bras face à la situation. Il est vrai que le chômage n’est pas une « activité » très valorisante et il est difficile de trouver sa place dans le marché du travail lorsque l’ont doit essuyer plusieurs refus d’embauche. Un jeune de la cité nous a dit :

« Si on Veut, on Peut ! On se donne les Moyens. »

Bien sûr que des moyens existent, que certains jeunes arrivent à s’insérer et faire carrière. Mais d’un autre côté, il restera toujours sur le carreau les plus fragiles, démunis et peut-être moins « débrouilles », ceux qui n’arrivent plus à se projeter dans l’avenir.

La précarité de l’emploi et donc marquée par une impossibilité pour le jeune de faire valoir ses acquis dans le monde du travail, à chaque nouvelle place il devra refaire ses preuves. Les jeunes se sentent utilisés, pas du tout valorisés, puis jetés sans considérations. Les plus touchés par cette situation restent les jeunes les moins qualifiés. En effet, bien souvent, ce sont ceux qui n’ont pas de formation du tout ou pas de formation achevée qui font appel au travail temporaire.

Précarité scolaire / de formation

Nous avons pu constater, lors de notre enquête, qu’un nombre considérable de jeunes adultes entrent dans le monde du travail sans formation. Cela nous a amené à nous poser la question de savoir s’il n’y avait pas déjà un problème au niveau de la scolarité. Au fil de nos lectures et entretiens, nous avons découvert une précarité au niveau scolaire et de la formation.

Beaucoup de professionnels se sont exprimés sur ce sujet. La première fragilité du jeune et celui de son bagage scolaire. Les plus touchés sont les jeunes étrangers qui, arrivés tardivement en Suisse ont pris du retard à cause de la langue. Ces jeunes-là sont rarement en niveau A au cycle et quelques uns ne parviennent même pas à obtenir le diplôme d’école obligatoire.

La deuxième fragilité se trouve au niveau de l’orientation professionnelle. Cette dernière est assurée au cycle, mais il est très difficile pour un jeune de 15 ans, sans bases scolaires solides, de trouver une voie de formation qui lui convienne. Les conseillers en orientation font tout leur possible mais ils doivent faire face à un marché du travail saturé et des parcours scolaires « tordus ». Alors des « voies de secours » ont été mises en place, telles qu’une dixième année ou des classes de préapprentissage. Mais ces « voies de secours » ne rencontrent pas beaucoup de succès auprès des jeunes. Elles sont dévalorisées et ont la réputation d’être pour les nuls puisque c’est pour ceux qui ne trouvent rien.

Une conseillère sociale du cycle nous a expliqué qu’à la fin de chaque année scolaire, le but du CO est que chaque élève quitte le bâtiment avec un projet. Les élèves doivent partir en ayant signé un contrat d’apprentissage ou en s’étant inscrit dans une école secondaire. Pour ceux qui restent sur le carreau, un « forcing » dans les inscriptions est appliqué auprès du jeune et des parents. Dans l’exemple d’un jeune inscrit en classe de préapprentissage contre son gré, on peut aisément imaginer qu’il ne s’y rendra pas, ou au mieux qu’il ne mènera pas le projet à terme. Cette façon de procéder illustre parfaitement bien les propos de Fabrice Plomb, qui nous parle dans son article de la « pression à s’insérer » que subissent les jeunes. Cette pression provient de l’école, de la famille, de la société et met le jeune dans un état d’instabilité. Il faut choisir vite, bien pour moi et valorisant aux yeux des autres.

Lors de ses recherches de place de formation, le jeune est confronté à des situations d’échecs, des refus. Ceci engendre chez lui un manque de confiance en soi. Cette mauvaise estime de soi empêchera le jeune de se projeter dans l’avenir et de faire des projets. Bien souvent, face à cette situation, ils décident d’entrer dans le monde du travail sans formation, dans le simple but de pouvoir subvenir à leurs besoins et trouver un peu plus d’indépendance financière.

On peut aisément constater que cette précarité scolaire et de la formation générera une précarité de l’emploi. Ces deux champs sociaux sont indéniablement liés. Une adaptation doit être effectuée au cycle pour mieux aider les jeunes à s’orienter dans une voie professionnelle. Ce climat de fragilité, d’insécurité et d’instabilité n’est de loin pas favorable à l’épanouissement professionnel des jeunes.

Précarité Sociale

Jeunes en attente du tram

La précarité de l’emploi et/ou scolaire existe également sous influence de la précarité sociale et réciproquement. Il est vrai qu’aujourd’hui les jeunes sont face à un système scolaire plutôt exigeant et difficile à suivre sans « coaching », que ce soit de la part de la famille (qui ne comprend pas toujours le système scolaire du à des difficultés de la langue), soit des conseillères d’orientation et/ou scolaire et enseignants (car il y trop d’élèves dans cette situation précaire).Toutefois cette évolution dans le monde du travail et dans la formation est notamment due à une évolution de la société.

A travers nos lectures et interviews, nous avons compris que les jeunes se trouvent dans une société qui ne les aide pas toujours, ne les comprend pas et qu’eux-mêmes n’arrivent pas à intégrer. D’une part, les jeunes les plus concernés par ce problème sont des étrangers, donc très souvent de cultures différentes. Il est très difficile pour ces jeunes de s’intégrer dans notre société, car ils doivent jongler entre deux cultures, celle de leur environnement familial et celle de l’extérieur et très souvent il y a un grand décalage.

D’autre part, pour beaucoup d’entre eux, le réseau de connaissance est faible voir inexistant. Ils n’arrivent donc pas à obtenir une place d’apprentissage ou de travail car ils n’ont personnes pour appuyer leur candidature. Pour reprendre ce que nous avons déjà mentionné, ces jeunes ont un niveau scolaire plutôt bas et une expérience professionnelle plutôt faible. De ce fait, il est important d’avoir des connaissances sociales pour aider à décrocher un contrat.

Ces facteurs mentionnés sont les raisons principales qui pousseraient à une précarité sociale. De plus, les jeunes concernés par cet état de fragilité basculent rapidement dans l’état d’instabilité, car ils sont confrontés à un sentiment de rejet de la société. Pour beaucoup, un manque de confiance en soi et le sentiment d’être « largué » est omniprésent et il est difficile pour eux de vivre avec cela. Ce serait une des raisons qui démotive ces jeunes à prendre contact avec une entreprise par exemple pour une place de travail. D’après un jeune du quartier, un sentiment de « honte » surgit même dès qu’il s’agit de devoir demander de l’aide. Les jeunes préfèrent donc ne rien demander plutôt que de faire face à cette situation.

Bien entendu, la société évolue en fonction d’une demande générale, un jeune de la cité nous a même dit que les jeunes d’aujourd’hui en veulent toujours plus et malheureusement ne sont pas prêts à fournir d’avantage. Qu’est-ce qui fait qu’ils soient aussi gourmands, peu motivés, vite lassés par un quotidien du travail qu’autrefois nous supportions ? La question ne se posait pas, du moins beaucoup plus nuancée et « l’abandon », « baisser les bras » ne se faisait pas aussi facilement et sans réflexion. Est-ce qu’il était plus difficile autrefois de se trouver en situation précaire ? Est-ce que cette voie ne serait pas un choix de facilité ? Ce sont toutes les questions qui traversent l’esprit des professionnels, mais aussi des jeunes pour trouver une stratégie cohérente et efficace.

Précarité de l’information

La société, dans son évolution, a bien évidemment « pensé » à des dispositifs pour soutenir ces jeunes en difficulté. Cependant, il semblerait que la connaissance des moyens d’aide est loin de se trouver dans leurs esprits. Comme nous l’avons évoqué, les jeunes semblent avoir passablement de difficultés à demander de l’aide, du coup ils restent très pauvres dans la connaissance des différentes possibilités qui peuvent leur venir en aide.

D’après une TSHM, les jeunes qu’elle côtoie ne connaissent pas grand-chose du système administratif et que, pour beaucoup, s’ils avaient su en temps voulu la marche à suivre, ils se seraient épargnés d’une grande part de dettes qu’ils ont actuellement. Qu’est-ce qui fait qu’ils n’ont pas cette source d’information ? Est-ce le manque de soutien familial, un manque d’information dans les écoles ? Est-ce au jeune, dès son adolescence, à devoir s’intéresser et/ou s’interroger sur un sujet qui le concernera plus tard ? On dit aussi que trop d’information tue l’information. Alors comment trier ce qui est judicieux de faire véhiculer et de quelle façon pouvons nous rendre attentifs ces jeunes sur le sujet ?

Nous pouvons également évoquer un élément important et plutôt négatif pour nos jeunes, c’est le pouvoir médiatique. Il est évident que les jeunes ont besoins de s’identifier, de rêver et pour cela les médias ont trouvé la cible idéale. Lorsque ce jeune du quartier nous disait que les jeunes d’aujourd’hui en veulent toujours plus, c’est aussi parce que les médias leur montrent une vision idéaliste de ce que peut représenter notre société. Tout leur semble briller, luxueux et plaisant. Comment vouloir se contenter d’un minimum et se limiter alors que l’on ne voit et l’on nous ne montre aucunes limites ? Ce jeune surnomme ses paires comme étant de la génération « star academy », « tout tout de suite », il parle d’un monde « bling bling ». Alors comment informer ces jeunes sur un éventuel risque de précarisation alors que les médias leur transmettent une information totalement contradictoire et fausse sur ce que peut ressembler leur vie ?

Précarité familiale

La famille a un rôle important dans l’évolution d’un jeune, car elle va influencer ses choix, ses intérêts, ses buts pour son futur. Très souvent, nous avons ressenti lors de nos entretiens, que la famille avait en grande partie une influence plutôt « négative » dans le parcours de ces jeunes en difficulté. Les différents éléments retenus sont notamment liés à une éventuelle addiction (alcoolisme, toxicomanie, etc.) dû à un manque de connaissances de notre système (suisse et/ou genevois) et/ou manque de compréhension de la langue française. Nous avons aussi pu constater que l’influence de la situation familiale (père et/ou mère au chômage, à l’assurance invalidité et/ou autre forme d’aide sociale) fait partie de ces influences « négatives ».

Si un jeune cherche dans son évolution des repères, une référence, une image « exemplaire » de l’adulte, nous pouvons effectivement dire qu’il va être difficile de se tourner vers sa famille si celle-ci est touchée par l’un de ces facteurs. Alors nous pouvons aussi nous demander s’il ne serait pas plus judicieux de se pencher sur la situation familiale avant de se pencher sur la situation du jeune. Dans ce cas de figure, nous entrons en contradiction avec la spécialiste des questions de la pauvreté, Gerda Holz, qui nous explique qu’il faut plutôt se centrer sur l’approche de l’enfant ou du jeune. Nous pensons que cette question s’est fortement posée chez les différents professionnels qui se sont intéressés et/ou ont été confrontés au sujet. De plus, il est difficile d’entrer dans le sujet de la « précarité » par le biais du champ social de « la famille ». Malgré qu’il s’agisse d’un facteur évident et important, il reste peu accessible et « dangereux ». En effet, cela pourrait paralyser totalement la situation plutôt que de l’aider. Souvent, les jeunes sont très protecteurs de leur sphère familiale dès le moindre intérêt porté par une personne étrangère, peut-être par crainte, par honte de ce qu’ils vivent ou tout simplement pour préserver leur environnement.

Dans tous les cas, le sujet nous questionne passablement mais encore une fois une solution cohérente et efficace n’est pas apportée. Nous pouvons souligner que ce champ social entre parfaitement dans les trois états, car il peut être à la fois objectif comme subjectif. Ce qui ajoute une difficulté supplémentaire, car les différentes influences négatives se répercuteront aussi bien dans les actes que dans les pensées.

Logements des Avanchets

Précarité du logement

Les jeunes, tout comme les moins jeunes d’ailleurs, sont confrontés à des difficultés pour trouver un logement. Avec 431 logements vacants dans le canton de Genève en juin 2008, contre plus de 3000 en 1997 et 1998, [1]] peut dire que le marché immobilier est quelque peu saturé… Ce fait induit différentes conséquences ; premièrement, les personnes désireuses de changer de quartier se retrouvent bien souvent contraintes de rester où elles sont à défaut de trouver un appartement adéquat à un prix abordable. Deuxièmement, il devient quasi impossible pour un jeune entrant dans la vie active de trouver un logement seul à un prix abordable. D’autant plus si le jeune n’a pas de travail fixe, les agences immobilières rechigneront à lui louer un appartement. Il faut bien souvent payer des loyers à l’avance, des cautions, etc.

Le fait qu’un jeune adulte rencontre de telles difficultés à pouvoir trouver un peu plus d’indépendance, additionné à toutes les autres formes de précarité peut mettre un jeune en position de fragilité et ainsi l’empêcher de se construire et d’avancer positivement.|

Conclusion

Le tableau que nous avons constitué avec les différentes données démontre que la précarité chez les jeunes se définit plutôt comme une fragilité. Nous pouvons également nous référer à l’une de nos lectures « la précarité une réalité genevoise » de Bernard Clerc, Isabelle Csupor, Pascal-Eric Gaberel, Augustin de Coulon et De Yves Flückiger, qui parle de « fragilité structurelle (les risques potentiels de perdre son emploi, d’être au chômage, de perdre son logement, d’être en situation d’exclusion sociale, etc.) Tel que nous avons défini la fragilité, c’est-à-dire une dimension objective, nous pouvons mettre en lien avec « la fragilité structurelle », car il s’agit bien de relever tous les facteurs qui amènent à cette « fragilité » dans les divers champs sociaux du jeune. D’après nos éléments recueillis, nous sommes forcés de constater qu’ils s’inscrivent en majorité dans un état de fragilité.

Quand aux différents facteurs qui poussent à un état d’insécurité et/ou d’instabilité ils sont également fortement évoqués. Néanmoins, les jeunes ne sont pas nombreux à avoir partagé leurs sentiments, nous avions plutôt l’avis des professionnels. De ce fait, les éléments obtenus de ces deux états ne sont pas majoritaires dans notre étude. Nous pensons qu’effectivement, une étude plus élaborée renverserait totalement notre analyse, car si l’on repart de notre plan d’analyse, nous définissons l’état d’insécurité et d’instabilité comme étant plutôt liés à une dimension subjective. Ce qui demande d’avantage un besoin de relation de confiance avec les jeunes pour ensuite arriver à entrer dans cette dimension.

Il est toutefois important de souligner que nous avons pu constater, suite à notre analyse, que la précarité de l’emploi, la précarité de formation/scolaire, la précarité de logement, la précarité sociale, la précarité de l’information et la précarité familiale, sont fortement liées. Nous pouvons basculer très rapidement et sans le vouloir dans l’une comme dans l’autre. « La précarité » est un terme très large en soi, mais nous pouvons ressentir un aspect plutôt restreint, car il est difficile d’évoquer la précarité sous une seule forme, très vite nous découvrons d’autres aspects de la précarité tout à fait liés les uns aux autres.

Lors de ce travail nous avons pu constater la difficulté que peut représenter le thème de la précarité. Nous pouvons entendre couramment ce sujet comme problématique actuelle, car il se fait de plus en plus voir dans notre société. Cependant, nous constatons aussi qu’il est très difficile, malgré l’intérêt porté au thème de la « précarité » par différents professionnels, de trouver une stratégie cohérente et efficace et ainsi de lutter contre ce phénomène.

 

[1] Source:http://geneve.ch/stastistique/statistiques/domaines/09/09_02/apercu.asp

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  1. La précarité sous toutes ses formes
    4 janvier 2009