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Dispositifs d’intégration des Avanchets

L’objectif de notre article sera de contraster la notion d’intégration du canton de Genève avec la théorie de ce que signifie une bonne intégration et de quels sont les modèles pour gérer la diversité culturelle dans les sociétés modernes, c’est-à-dire comment les pays d’accueil peuvent d’un côté, attribuer des droits différents aux autochtones et d’un autre, administrer le « mode de vie ensemble » des différents groupes culturels.

Du modèle choisi dépendent les politiques, dispositifs et mécanismes d’intégration, mais aussi ces dispositifs doivent répondre et être cohérents avec ce modèle. Bien qu’il soit ordinaire que sur le papier tous les pays se déclarent multiculturels, ses dispositifs d’intégration sont discriminatoires. De toute manière, on pense que la meilleure façon d’observer et de pouvoir contraster est dans un quartier interculturel comme Avanchets.

Le point de départ est la définition d’intégration mais on va la contraster avec la notion d’intégration de la Constitution suisse et surtout avec l’idée du canton et de la république de Genève sur l’intégration des étrangers, parce que c’est la notion qui a de la influence sur les dispositifs et mécanismes d’intégration.

Les Avanchets depuis Avanchets

Actuellement les sociétés d’accueil des étrangers doivent choisir un modèle grâce auquel il est permis de gérer l’interculturalité, toutefois ce modèle dépend de deux variables (Berry, 1990 p.45) :

  La société d’accueil laisse que les « groupes ethnoculturels » maintiennent leurs héritages culturels et leur propre identité.

  La société d’accueil permet et encourage les contacts et les relations entre les « groupes ethnoculturels » et les autochtones. En rapportant les deux variables aux quatre modèles de gestion de la interculturalité : multiculturalisme, ségrégation, « melting pot » et « exclusion ».

Selon ce que l’on peut voir dans le tableau, l’intégration s’agit d’un processus bidirectionnel, d’un côté, la société d’accueil et de l’autre côté, les « groupes ethnoculturels », quoique pour d’autres auteurs la responsabilité est inégale car la société réceptrice a plus de pouvoir et elle se trouve dans une position dominante, pourtant elle doit accepter et incorporer des changements structurels, normatifs et culturels. (De Lucas et Torres, 2002, Pag. 53).

Toutes les politiques, dispositifs et mécanismes des Etats ou cantons sont influencés par un de ces modèles (On doit comprendre qu’il n’existe pas de modèles purs. La grande avance de Berry, c’est le cercle qui montre la continuité de modèles au lieu de la rigidité d’un carré). L’idée qui sort des définitions d’intégration dans la constitution suisse comme dans la loi de la république et canton de Genève évoquent un modèle multiculturaliste de traitement des étrangers : «  une convention, plus ou moins explicite dans les textes constitutionnels, qui lie les individus selon laquelle chaque individu a droit à une juste place dans la société, qui permette à l’ensemble de fonctionner harmonieusement ».

« La politique cantonale doit favoriser la participation des étrangers à tous les domaines de la vie publique et la participation la plus large possible des étrangers à la vie communale et cantonale ».

Nonobstant, bien que le canton de Genève se définisse comme multiculturel, il est nécessaire de contraster si ça reste sur le papier ou si les relations de tous les citoyens et de toutes les citoyennes avec les institutions genevoises ne sont pas marquées pour la nationalité, selon Elisabeth Kennedy (une des professionnelles qu’on a interviewé). Elle affirme que l’institution avec plus de relation avec la deuxième génération résulte assez monolithique, depuis le premier jour où les élèves sont séparés et parfois considérés comme des élèves difficiles, mais le fait est que l’école est très distanciée des familles d’origine étrangère et ces familles sont très distanciées de l’école car des notions comme : « Education », « famille », ou « école » ne signifient pas la même chose pour des Kosovars, des espagnols, des portugais, des congolais ou des suisses mais l’école est pensé totalement « à la genevoise », ce qui rend difficile la communication entre l’école et la majorité des habitants des Avanchets. C’est pour cette raison, Elisabeth Kennedy gère un projet avec l’objectif de faire plus proche l’école aux habitants des Avanchets et vice-versa.

La thèse de tout notre enquête est basée sur l’idée que la crise d’identité est affectée par beaucoup de facteurs, et entre eux, le degré d’intégration de la première génération, le degré d’ouverture et d’acceptation de nouvelles cultures dans la société d’accueil, et un autre facteur très important aussi est l’« égalité d’opportunités » de la deuxième génération par rapport aux jeunes autochtones, et toutes ces valeurs sont également influencés par le modèle de gestion de l’interculturalité. Nous partons de l’idée que la crise serait moins problématique au fur et à mesure. Le modèle interculturel d’une ville ou, dans ce cas, un quartier qui a soif de multiculturalisme car il encourage l’égalité et la participation de tous les habitants.

On a pu constater que le modèle de la Suisse et surtout de Genève est un modèle multicultuarliste, nonobstant pour le caractère spécifique de notre enquête on doit discerner comment marche ce modèle dans le quartier des Avanchets. Dans les Avanchets, il n’y a pas de dispositifs spécifiques pour les étrangers dans une politique de normalisation des ressources que nous considérons appropriée ; pourtant tous les moyens pour arriver à l’idéal de l’intégration sont les mêmes que les dispositifs d’action sociale en général du quartier qui sont :

Maison de quartier

  Le centre de loisirs ou L’éclipse.

  La maison de quartier.

  Le centre de services sociaux.

Nous avons commencé l’article en analysant l’idée du canton de Genève sur l’intégration des étrangers : la notion qui a de l’influence sur toutes les politiques et tous les dispositifs pour traiter les étrangers. Genève a donc choisi sur le papier le multiculturalisme mais pour faire effectif ce modèle, les dispositifs politiques et surtout les institutions doivent être le résultat de la participation égalitaire de tous les membres de la société. En revanche, de la même façon que l’école, les étrangers doivent s’intégrer moyennant les institutions que les genevois ont pensé pour eux, ce qui veut dire qu’ils doivent amener leurs enfants à la maison de quartier, sans comprendre quelle est la fonction de la maison de quartier ou sans que la maison de quartier connaisse ce que pensent les habitants d’origine étrangère, sur ce que doivent faire ses enfants après de l’école, en plus de la communication de ces institutions avec les familles ne répond jamais aux différences culturelles du quartier, en fait toutes les brochures qu’on a trouvé dans les centres de quartier sont en français.

En conclusion, on peut dire que bien que Genève se déclare une ville multiculturelle, les dispositifs de ses quartiers et concrètement des Avanchets ne répondent pas à ce multiculturalisme car les habitants d’origine étrangère doivent s’intégrer à la Suisse, ils ont toutes les possibilités de s’intégrer mais ils ne peuvent pas décider sur leurs propres processus d’intégration et leur « mode de vie » et pourtant le résultat de l’interculturalité finit par ressembler à l’assimilation.

Noelia Álvarez Lorente et Nacho Granados Laguna

BIBLIOGRAPHIE :

1. BERRY, P. POORTINGA, Y. (1992) Cross-cultural Psycology. New York. Cambridge University Press.

2. BOLZMAN.C, FIBBI. R Et al.(2003). Secondos, Secondas : les processus d’intégration des jeunes adultes issus de la migration espagnole et italienne en Suisse. Zurich. Seismo Coop.

3. DE LUCAS, J. TORRES, F. (2002) Inmigrantes ¿Cómo los tenemos ? Madrid. Talasa Ed.

4. MANÇO. A. (1999). Intégration et identités : stratégies et positions des jeunes de l’immigration. Bruxelles. De Boeck.