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Synthèse personnelle d’Iliana

Le module Oasis est une étape qui nous projette dans une réalité du processus de formation que j’ignorais, ou du moins où je ne m’y voyais pas encore.

Je suis en formation en cours d’emploi, donc mon programme scolaire est quelque peu en décalage avec ceux et celles de mon groupe Oasis. Ils ont tous plus ou moins commencé à se pencher sur le travail de Bachelor, quand à moi je n’ai même pas encore de sujet. Pour mes camarades, comme pour moi, ce travail a pu servir d’entrainement pour le mémoire. Personnellement, je l’ai vécu comme exemple formidable car j’ai été confrontée à des défis, des doutes, des échecs, des questionnements, des remises en questions, que j’ai du gérer seule et/ou en équipe.

Comme je l’ai déjà dit, je suis en formation en cours d’emploi. Je travaille actuellement avec des adolescents en rupture. Mon choix dans ce module s’est fait en relation avec la population que je côtoie au quotidien, mais aussi par rapport à mon lieu professionnel. Je travaille dans une maison de détention pour mineur(e)s, La Clairière, depuis plus de 5 ans, j’ai donc le sentiment d’avoir une vision trop « facile » quand à l’entrée en relation avec un jeune.

Il est évident que les jeunes que nous recevons à La Clairière n’ont pas vraiment le choix, et c’est dans leur intérêt, d’entrer rapidement en relation avec l’équipe éducative. Ça été pour moi un défi de me confronter à eux, dans leur milieu, dans leur espace. La stratégie est totalement différente et beaucoup moins confortable de ce que je vis au quotidien dans mon environnement professionnel.

Les premiers jours, je n’ai pas vraiment appréhendé des éventuelles échecs, je me suis sentie relativement à l’aise, mais très rapidement la réalité m’a touchée et j’ai dû vite me remettre en question quand à ma manière de procéder. Pour être plus claire, je vous cite un exemple qui illustre selon moi assez bien mes propos. Le premier entretien avec un jeune adulte ne s’est pas du tout déroulé comme je l’imaginais. J’étais l’une des personnes du groupe qui a posé les questions, je n’ai pas pensé obtenir tous les renseignements que j’aurais voulu, toutefois j’étais loin d’imaginer une telle situation. Il a su, en quelques minutes, nous plonger dans un vide que je n’ai plus du tout su comment combler. J’avais tout simplement l’impression de m’enfoncer un peu plus chaque minute qui a passé. Pour ma part, j’ai dû me ressaisir et reprendre mes esprits. Je pense que nous avons réussi à nous en sortir, mais la première partie est restée dans nos mémoires. Ça été une première expérience qui a servi à tout le groupe je pense, que se soit dans notre manière de procéder ou encore dans nos choix de questions.

Dès la formation des groupes, je me suis confrontée à différents émotions et ressentis. Notre groupe de six personnes s’est formé de manière particulière. Par rapport aux autres groupes où l’intérêt de l’étude me semble avoir été partagé par tous, pour nous, c’était l’association des différentes idées et nos différents ateliers qui nous ont réunis. Je pense que cela a, d’une certaine façon, perturbé notre choix d’étude. Certaines personnes ont plutôt été intéressées par la question de l’insertion professionnelle, d’autre par la question des addictions, puis d’autres par les genres, etc. Dans tous les cas, nous nous sommes retrouvés à devoir ressortir un intérêt commun, car toutes nos idées pouvaient être un sujet d’étude en soi.

Nous avons donc commencé par cibler une population que nous avons défini à l’unanimité, c’est-à-dire « les jeunes adultes ». Enfin, nous nous sommes intéressés à la question de l’insertion professionnelle. Nous avions donc pu nous mettre d’accord assez rapidement sur un sujet, une problématique à étudier.

Pour moi cette première démarche a été très riche en soi. Pour être honnête, je n’ai pas porté un grand intérêt pour ce sujet, de ce fait je me suis sentie frustrée dans un premier temps. Donc les premières craintes ont surgit, vais-je me faire une place dans le groupe ? Vais-je trouver l’envie et la motivation dans cette étude ? Six personnes ! Qu’est-ce que ça va donner ?

Très rapidement, grâce à une première coordination d’idée, j’ai eu envie de me laisser emporter par le groupe qui semblait bien motivé par le choix. Dès ce moment là, je peux dire que l’envie, le plaisir m’ont envahit et motivée par la même occasion.

Je suis vraiment ravie de m’être trouvée dans ce groupe, car nous sommes six personnes complètement différentes, avec des méthodes de travail totalement opposées les unes des autres, mais sur qui, selon moi, nous avons pu compter tout au long de notre démarche. Nous avons toujours été fidèles à nos tâches, dans les moments difficiles nous nous sommes retrouvés pour nous concerter. Je pense qu’un véritable esprit d’équipe est ressorti au sein de notre groupe.

Le module Oasis s’est relativement bien déroulé selon moi, mais je pense qu’une grande partie de cette réussite est due à l’aide des différents intervenants. D’une part, les TSHM nous ont facilité la tâche en nous mettant à disposition un lieu en plein cœur du quartier. D’autre part, ils nous ont offert des contacts importants et facilitant notre démarche, au vu du temps que nous avons disposé. Je pense que nous y serions arrivés, mais pour être honnête, cela nous a évité beaucoup de déplacements. Et tenant compte des trajets de certains et les possibilités des autres, je suis très reconnaissante de cette aide.

J’aimerais aussi souligner l’importance de la collaboration de certains jeunes qui nous ont réellement offert une qualité d’immersion qui n’aurait pas eu lieu sans leur coup de pouce.

Je dirais aussi que le rôle des enseignants ont été primordial tout au long de notre démarche. Dans un premier temps, ils nous ont permis de clarifier, de formuler, d’orienter notre choix d’étude. Puis, ils nous ont confronté à nos échecs et nous ont aidés à comprendre l’importance de nos actes, mais aussi et surtout de nos mots lors d’une interaction. Pour citer un exemple, je vais me référer à un entretien, celui qui a déjà été mentionné plus haut. Nous avons pu reprendre avec nos enseignants la difficulté rencontrée lors de cet entretien. Ils ont pu nous rendre attentif dans ce cas de figure, au choix de nos mots. Lors de cet entretien, nous avons évoqué la notion de « rupture » chez les jeunes. Très vite, ce dernier s’est montré très fermé à la discussion. Après divers échanges avec l’enseignant, je me suis replongée dans l’entretien et il est vrai que le jeune a fait allusion au mot « rupture » de manière ironique (avec des ricanements) tout au long de l’échange.

Encore une fois, nous avions un élément très précieux pour avancer dans notre travail. De plus, les enseignants ont su nous rappeler à l’ordre dès qu’ils l’ont estimé nécessaire. Avec du recul, je réalise l’importance de leur intervention, malgré que l’on pensait tout bien maîtriser. Suite à notre dernière mise au point avec les enseignants, nous avons pu concrètement observer un résultat, pas toujours souhaité, mais qui a permis des réactions et donc des modifications.

Il est vrai que nous avons traversé des moments difficiles, comme par exemple, pour ma part, je me suis retrouvée à attendre un jeune pendant plus de 45 minutes au froid, sans nouvelle et sans obtenir l’entretien souhaité. Cependant, je garde un excellent souvenir de cette étude, elle m’a offert un bagage supplémentaire pour la suite de mes études et de ma vie professionnelle.

 
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