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Atelier photo : Sarah s’exprime...

Ma démarche photographique au sein de ce module

Parmi les ateliers proposés, j’ai eu envie de participer à celui-ci car j’avais déjà un intérêt pour la photo dans ma vie de tous les jours. Bien que je n’aie aucune connaissance spécifique dans ce domaine, je trouve que c’est un magnifique outil de communication. Il arrive souvent que je sois touchée par une photo, qu’elle me parle ou m’interpelle. N’ayant jamais eu l’occasion de participer à des cours ou d’avoir des conseils de la part de professionnels, j’ai pensé que cela pourrait beaucoup m’intéresser.

Cet atelier m’a tout d’abord permis de connaître et d’observer l’œuvre de grands photographes. L’analyse de leurs façons de faire, de leur technique, m’a permis de comprendre comment me positionner, comment cadrer et comment utiliser la lumière pour mieux mettre les choses en valeur. Je me suis également rendue compte à quel point la photo et le social pouvaient être liés. En effet, les images peuvent transmettre certaines réalités, parfois peu visibles, à un publique plus large. Je pense qu’elles peuvent toucher, réveiller les consciences et, à partir de là, faire bouger les gens. Et il me semble que c’est là un des buts du social : faire communiquer les gens, créer des réseaux et mettre en avant certaines problématiques.

Le choix de l’appareil photo jetable m’a permis de comprendre l’importance de mettre de soi et de se donner de la peine lorsqu’on fait un travail créatif. Ce n’est pas des photos de tous les jours que l’on cherchait à faire mais bien une création artistique. Cependant, il est vrai que j’ai eu l’impression, à l’ère de la technologie et dans le cadre d’une enquête pour le compte de l’école, de ne pas paraître toujours très crédible.

Une autre difficulté que j’ai rencontrée était, je pense, en lien avec la thématique que nous avions choisie. En effet, la population qui nous intéressait, les jeunes adultes, s’est révélée être difficile d’accès. Il nous a déjà fallu du temps pour entrer un contact avec eux, puis pour créer un lien, alors la photo n’a pas été toujours la bienvenue.

Pourtant, avec certains, elle s’est tout de même trouvée être un bon outil de médiation. Elle a permis de les amener à nous poser des questions et à créer ainsi le contact. Je pense que cela dépend beaucoup du vécu de la personne et de la peine qu’elle peut avoir à accorder sa confiance. D’autre part, il s’est trouvé que les photos ont été bien acceptées dans un cadre qui les valorisait -local de musique- mais pas du tout lorsqu’on a voulu les photographier un après-midi dans le centre commercial. Il faut aussi préciser que dans ce dernier contexte, ils ne savaient pas vraiment qui on était et il n’y avait pas une personne de référence qui leur aurait permis de nous faire confiance, comme ça a été le cas au local Carqueron.

Dans notre groupe d’enquête, nous étions deux photographes, Iliana et moi. Au départ, nous avions proposé à M.Boulaz, notre professeur d’atelier, de suivre deux jeunes -sans activité professionnelle- durant une de leur journée. Cela allait dans le sens de notre thématique de base qui voulait se centrer sur la « rupture ». Cependant, nous n’avons finalement pas été jusqu’au bout de notre idée, et ceci pour deux raisons. Tout d’abord, comme je l’ai évoqué plus haut, il a été très difficile que ces jeunes nous accordent leur confiance et s’ouvrent à nous. Alors, leur demander après si peu de temps de nous introduire chez eux, nous semblait déplacé, voire pas faisable du tout.

Puis, d’autre part, au fil de notre enquête, nous avons modifié le cadre de nos recherches. En effet, nous nous sommes rendus compte que partir de « la rupture » réduisait notre champ des possibles, c’est-à-dire que nous ne voyions pas ce qu’il pouvait y avoir autour et que les jeunes se sentaient catégorisés d’entrée. Notre groupe a donc décidé d’enquêter sur « les jeunes adultes des Avanchets », en prenant en compte tant les éléments positifs que négatifs de leurs vies.

A partir de ces constats, Iliana et moi sommes reparties sur une nouvelle idée. Après avoir fait quelques photos du quartier et de ses alentours ensemble, nous avons choisi de nous séparer et d’investir deux lieux où les jeunes semblent se sentir bien et prendre du plaisir. Illiana s’est donc chargée de photographier Bricojeunes, et moi le local Carqueron. Nous avons pris des photos des locaux, mais aussi des activités qui s’y déroulent et des jeunes gens qui les fréquentent.

Pour ma part, j’ai pris beaucoup de plaisir à faire ces photos au local Carqueron. En effet, j’ai apprécié de mettre ainsi en avant la passion de ces jeunes pour la musique et le plaisir qu’ils avaient à se retrouver dans ce lieu en fin de journée. J’ai aussi voulu, par ce travail, montrer ce qu’on peut leur apporter en mettant quelques moyens à leur disposition. Ce studio qui ne paie pas de mine se transforme, au moment où il est occupé par des personnes motivées, en un lieu où il est agréable de passer du temps.

Cependant, il est vrai que je me suis parfois sentie un peu comme une intruse et que je n’ai pas tellement cherché à faire avec eux de la création artistique. J’ai simplement voulu les montrer dans un cadre qui correspondait à une partie de leur vie. Ainsi, je leur ai demandé si je pouvais les photographier mais n’ai pas voulu leur donner d’instructions, car j’ai déjà été très heureuse qu’ils nous accueillent comme ils l’ont fait et qu’ils acceptent de se faire photographier par une personne qui leur était quasi inconnue.

Je crois que la photo est un art qui demande beaucoup de délicatesse. Le lien de confiance entre le sujet et le photographe est essentiel. C’est pourquoi je pense que si j’avais eu plus de temps sur le terrain j’aurais peut-être pu en dégager plus de choses. Cependant, avec le temps que j’ai passé dans ce local et avec toutes les différentes personnes que j’y ai croisées, je pense avoir fait de mon mieux sans brusquer ou mettre mal à l’aise qui que ce soit. Et cela, reste pour moi le plus important ! Je voulais faire un beau travail, mais ce que je désirais avant tout c’est que les personnes que l’on a rencontrées, et qui très vite seront ressorties de nos vies, se sentent bien dans un lieu qui est le leur.