Accueil du siteAvanchets : La parole des nouveaux habitantsBref retour sur notre démarche
Bref retour sur notre démarche

Suite à notre enquête de terrain, nous proposons ici une synthèse globale. Lorsque nous avons choisi de nous intéresser aux « nouveaux habitants » arrivés dans le quartier dans les années 1990, nous partions de l’hypothèse qu’il existait un « clivage » avec les habitants établis depuis longtemps. Dès lors, nous pensions que nos entretiens avec ces « nouveaux habitants », nous permettraient de définir des différences significatives notamment en termes d’intégration au quartier ou de sentiment d’appartenance. Cependant, les éléments récoltés lors de nos entretiens ne nous ont pas permis d’approfondir notre hypothèse de départ.

Notre premier contact était une maman turque rencontré par la « famille d’accueil » d’une collègue de notre groupe. Afin de poursuivre nos entretiens, nous avons profité des contacts privilégiés de l’école. Ainsi, nous avons mené six entretiens en tout. Sur ces six entretiens, cinq personnes appartenaient à la même « classe sociale ». De plus, ces cinq personnes sont actives dans le fonctionnement du tissu associatif du quartier. Nous pensions compléter ce réseau en prenant contact avec d’autres habitants du quartier. Cependant, afin de pouvoir faire le point, nous avons priorisé la retranscription de ces entretiens et comparé leurs réponses. Nous n’avions dès lors plus le temps de rencontrer et de nous entretenir avec d’autres habitants.

Avec le recul, nous pensons qu’il aurait été plus pertinent de ne pas nous appuyer autant sur les « contacts privilégiés » - malgré leurs discours forts intéressants - afin de découvrir peut-être d’autres représentations du quartier. C’est certainement sur ce point précis que nous aurions dû être plus attentifs. De plus, notre échantillonnage est resté quelque peu restreint et le temps n’a pas joué en notre faveur…

Ainsi, nous n’avons pas pu mettre en évidence des différences entre « nouveaux » et « anciens » habitants. Peut-être aussi, aurions-nous pu découvrir d’autres résultats si nous avions déterminé l’arrivée des « nouveaux habitants » dans les années 2000 ? Le choix des années 1990 était cependant motivé du fait qu’un grand nombre d’étrangers, et particulièrement de l’ex-Yougoslavie, sont arrivés en Suisse et notamment dans le quartier d’Avanchets. De plus, la crise économique et le chômage touchent fortement Genève, et la loi sur le logement et les locataires est modifiée en 1992, ce qui « va entraîner d’une part des hausses de loyers (surtaxes) pour 10’000 locataires dont le taux d’effort est trop bas et d’autre part, le départ de 4000 à 5000 autres locataires dont les revenus sont beaucoup trop élevés (…) [1] ».

Nous profitons ici, de remercier les personnes qui ont accepté de répondre à nos nombreuses questions et les remercier pour leur disponibilité !

 

[1] Jaeggi, J.-M. & Osiek, F. (2003). Familles, école et quartier. Genève : Service de la recherche en éducation.

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    12 janvier 2009