Ateliers croquis : Flore
lundi 15 décembre 2008
par christ

Commentaire de la démarche « Atelier croquis »

Réalisé par Flore Beuret

Au début de ce module, réaliser un croquis signifiait pour moi faire un dessin rapide, sans trop de détails, d’un objet, d’un personnage ou d’un endroit particulier. Par cette démarche, je réalise qu’un croquis est bien plus que cela. Je le qualifierais tout d’abord comme étant un condensé d’émotions ressenties et mises sur papier. En effet, il me semble qu’un croquis n’est pas uniquement une simple image visant à réaliser une reproduction de quelque chose. Je remarque que durant cet atelier, j’ai réalisé des croquis qui ne ressemblait pas exactement à la réalité, mais il s’en dégageait une atmosphère particulière, liée à mes émotions ressenties au moment de la réalisation.

Cette démarche a été pour moi un outil de communication. En effectuant certains croquis sur le terrain, j’ai remarqué que des personnes ralentissaient pour observer mon dessin, certaines me saluaient, d’autres ont échangé quelques mots avec moi. C’est également une manière de communiquer par l’image. Une image qui n’est pas une photo, mais un croquis d’éléments qui représentent une ambiance d’un quartier, d’une cité, celle d’ Onex.

Avant de me lancer à réaliser des croquis sur le terrain, il m’a fallut effectuer tout un apprentissage de techniques et d’observation. Et surtout, j’ai dû apprendre à avoir confiance en moi et à ne pas avoir peur du résultat. Je me souviens de la première journée avec M. Renaud. Il nous a donné un feutre et un bloc de feuilles blanches et nous nous sommes directement dirigés vers une place afin de réaliser nos premiers croquis. Ces derniers étaient principalement constitués d’un cadre noir et d’un ou deux éléments. J’arrêtais de dessiner directement après les premiers coups de crayon car mes ils ne me convenaient pas et j’avais peur du résultat final. Il a fallut que j’apprenne à aller jusqu’au bout de mes dessins.

Mon premier croquis ...

Après plusieurs heures de croquis et un soutien motivant de la part de M. Renaud, j’ai commencé à sentir ma main qui se décrispait. Mes gestes étaient plus souples et plus arrondis. J’ai commencé à avoir une meilleure confiance en moi et à apprécier de faire des croquis. Au fil des cours, nous avons appris plusieurs techniques, permettant des résultats parfois impressionnants. Le but de ces techniques étaient principalement de nous permettre de gagner une assurance personnelle et de faire des croquis de manière fluide et spontanée, sans peurs quelconques. J’ai beaucoup aimé les techniques de croquis où nous n’osions pas lever notre crayon et celles où nous utilisions notre main contraire de celle de l’écriture. J’ai trouvé que les résultats étaient plus épurés, légers et venaient plus du coeur que de la tête.

Nous avons également appris des techniques plus précises, telles que les bases de la perspective, la « découpe » d’un visage et les dimensions d’un corps. Ceci m’a permis de réaliser des personnages plus réalistes.

Exercice de réalisation d’un portrait

Après l’apprentissage de ces techniques, je me suis rendue à Onex. Je me suis imprégnée des différentes ambiances qui se dégageaient des quartiers. J’ai pu observer la population qui était présente en journée et en soirée. Avec un crayon à la main, je n’avais pas le regard d’un chercheur ou d’un ethnologue, mais plutôt le regard d’un dessinateur. Cela m’a apporté une autre vision de cette cité. J’ai fait attention à des détails particuliers, comme des lampadaires ou des poubelles.

Sur place, j’ai tout d’abord commencé par repérer des endroits qui étaient intéressants à croquer. Il fallait également que ces endroits soient pourvus d’un espace où je puisse me pauser et me sentir bien pour réaliser mon croquis. J’ai eu beaucoup de plaisirs à réaliser des croquis de paysage. Cependant, sur le terrain, j’ai eu plus de difficultés à croquer des personnages et surtout des portraits. Pour moi, cela demandait une observation trop poussée de la personne et je ne me sentais pas à l’aise de le faire.

Devant la Coop...

A l’heure de faire un bilan de la démarche, je dirais que cette méthode d’investigation, tout à fait novatrice, m’a beaucoup plu. Je la trouve originale et très intéressante pour un travail tel que celui-ci. Premièrement, j’ai beaucoup apprécié les acquis techniques qui m’ont fait découvrir une nouvelle activité créatrice. Je me sens plus à l’aise dans le dessin, et j’ai actuellement envie de continuer à effectuer quelques croquis de mes lieux de passages ou de voyages.

Je dirais que cette démarche est une sorte d’outil de médiation permettant de faciliter la communication dans un lieu donné. En effet, j’ai ressenti que plusieurs personnes venaient spontanément créer la conversation, d’autres jetaient simplement un regard sur mon travail. Je trouve que cette technique d’approche est plus « douce » que celle qui pourraient être faite en abordant directement les personnes. C’est aussi une manière de retranscrire une image par notre regard. Un même lieu sera représenté différemment en fonction de la personne qui le dessine. Je trouve que ces croquis apportent une touche plus personnelle à notre travail de recherche.

Je tiens ici à remercier chaleureusement M.Renaud pour son enseignement, sa patience et son soutien.

Personnage genevois
Flore Beuret