Atelier photo : Laure
lundi 15 décembre 2008
par christ

Commentaire de la démarche « photos »

Réalisé par Laure Beuchat

Il est vrai que des quatre ateliers que nous avions à choix, celui de la photo m’intéressait particulièrement. Et j’ai eu la chance de pouvoir y participer, malgré le fait qu’il ait été bien prisé au moment des inscriptions.

La prise de photos, dans le cadre de cette étude de terrain, m’a demandé un certain investissement. En effet, j’ai dû emprunter une démarche qui soit en lien avec le thème que nous avions choisi avec le groupe d’étude : les structures existantes pour les jeunes de plus de 18ans et les différents espaces publics occupés par ces jeunes au sein d’Onex. C’est d’ailleurs sur ces lieux que nous avons rencontré des jeunes tout au long de notre travail sur le terrain.

Un jeune au parc de la Mairie 2

Tout d’abord, j’ai voulu mettre en image ces endroits qui sont : le parc de la Mairie, l’espace devant la Coop, ainsi que la Calle. Cela me paraissait important d’imager les principaux lieux où se retrouvent les jeunes d’Onex et où nous avons pu les rencontrer. Pour cet aspect, je n’ai pas rencontré de problème majeur.

Etant donné que nous nous intéressions essentiellement aux jeunes, j’ai désiré les prendre en photo lorsque nous les rencontrions pendant les entretiens. Mais avant de débuter, je réalisais qu’une forte réticence de la part des jeunes pouvait se produire, et que je m’aventurais sur un terrain scabreux. En accord avec le responsable de l’atelier photo, j’ai décidé d’effectuer des portraits de jeunes, mais en prenant la photo de dos et en les photographiant de la tête au pieds. De cette manière, leur visage n’est pas visible. Pour moi, c’était aussi permettre à ces jeunes de garder leur anonymat. Ils avaient le choix de l’emplacement et je leur demandais de regarder devant eux.

Par cette approche, et suite à quelques négociations, les jeunes étaient souvent d’accord d’être pris en photo. Plusieurs jeunes ont par contre refusé, et leur choix a été respecté.

Il est vrai que je ne pouvais pas prendre de photos comme je le désirais. Pour arriver à photographier ce qui m’intéressait et ce qui respectait ma démarche, je devais prendre le temps d’entrer en contact avec ces jeunes, de discuter avec eux, afin qu’ils me donnent un peu de leur confiance. En règle générale, tout s’est bien passé. Toutefois, j’espérais avoir un nombre plus important de portraits, mais voilà les aléas de l’appareil photo jetable !

Pour terminer, j’ai voulu prendre une photo de notre groupe d’étude, dans une pose qui soit semblable à celle que j’ai voulu avec les jeunes, c’est-à-dire, depuis derrière et de la tête au pied, sans que l’on voit nos visages.

Le travail avec des appareils jetables a été stressant. Je ne suis pas habituée à la photo numérique, mais dans ce cadre-ci, je trouve qu’il serait plus facile de voir le résultat tout de suite. Comme par exemple, lorsque je faisais les portraits avec les jeunes, je n’avais pas forcément l’occasion de les croiser à nouveau et de reprendre des photos d’eux. Il fallait que ça fonctionne sur le moment, notre travail sur le terrain étant de courte durée. Parfois, il est difficile de savoir si la lumière est suffisante ou pas, c’est pourquoi je faisais généralement plusieurs clichés d’un même objet, ou d’une même personne.

Au niveau de l’acquisition de techniques, j’ai reçu quelques notions de cadrage. J’ai appris qu’une photo se découpait en plusieurs parties et que l’objet principal ne doit pas être centré. Cela n’a toutefois pas été le cas pour les portraits. J’ai également reçu quelques bases quant à la lumière. Le travail que nous avons fait en début d’atelier, sur les ouvrages de différents photographes et leur démarche, a été très enrichissant pour moi car je n’ai que très peu de connaissances dans le domaine de la photographie. J’ai pu y découvrir différentes approches, toutes différentes les unes des autres.

De manière générale, j’ai apprécié cet atelier photo avec Serge Boulaz parce que nous avons dû nous centrer sur la démarche photographique, et non pas sur le résultat. Dans les rues d’Onex, lorsque je sortais mon appareil et que je photographiais un paysage qui me plaisait, il est arrivé plusieurs fois que des passants s’arrêtent vers moi pour me poser des questions et s’intéresser à ce que j’étais en train de faire. J’ai pu découvrir en moi une capacité à aller plus loin dans le domaine de la photographie, notamment en me disant « mais qu’est-ce que je cherche à montrer et à faire passer à travers cette photo ? ». Pour moi, cet atelier a été un bon moyen de découvrir la cité, ses couleurs, ses citoyens.

La Calle
Laure